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Tome douzieme.
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de l’Histoire Naturelle de Pline. 465

gonflement extraordinaire dans toute Téconomie animale ; matsd’où réfulteroit, en íì peu de tems, une putréfaction si subite, &la solution totale des attaches des muscles , fi tenaces dans lescorps sains 1 Bontius a prudemment laide ce problème à résou-dre aux Médecins de la postérité. Ce'qu on peur cependant allé-guer de mieux pour le justifier, est fans doute l’exemple du ser-pent pourrijjeur ainíi nommé à cause du singulier effet de samorsure , qui fait tomber en putréfaction le membre attaqué;mais cela ne s’étend pas sur-le-champ au reste du corps, commeLucain dit qu’il arriva à un Officier Romain, piqué par une es-pece de serpent pareil à celui que nous nommons le pourrisjeur ,pendant la prodigieuse marche de l’armée de Caton par les désertsde l’Afrique.

Outre les aiguilles à sarbacane , les Macaffars ont encore descrics ôc des poignards également empoisonnés , qu’ils emploientà la guerre , & avec lesquels ils firent, au siecle passé , de grandsravages dans le Royaume de Siam, qu’ils auroient envahi fans leChevalier de Forbin, que le hasard avoir mis à la tête des trou-pes Siamoises. 11 est vrai que les Macaffars qui tentèrent ce coupinoui, s’étoient rendus furieux en prenant de fortes doses d’ opium ,qui, en les aveuglant fur le danger, les faisoient affronter la mortavec une intrépidité brutale ( 16).

Chezles Achémois, on se sert aussi de ces petites fléchés ducalibre de celles de Macaffar. En 1670, le Roi d’Achem en donnaune vingtaine à M. Croke, Président du Comptoir Hollandois deSurate, qui, plusieurs années après, les souffla à des écureuils per-chés fur des palmiers, lesquels tomberent morts dès qu’ils furentatteints.

On retrouve encore cette pratique dans rifle de Ceylan, où

(16) On fait que tous les Orien-taux, & les Turcs mêmes , se serventà la guerre de Yamphion, ou de 1 ’<?.pium , pour se procurer un courageartificiel. C’est un prodige que de voir

Torne XII.

une même drogue, prise à une cer-taine dose, asloupir l’homme ; & priseà une dose double, le rendre alerte,vif & furieux.

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