4 < s 6 Additions an Commentaire
l’on tire la matière vénéneuse du neriumon du laurier-rose, quia une qualité fort mal-faifante en Europe même. II seroit à sou-haiter qu on éprouvât, sur les bleísures faites avec ces armes, lesucre de cannes, & le sel de vipere.
Nous examinerons maintenant la nature des drogues 6c desvégétaux que plusieurs sauvages de l’Europe 6c de l’Afie ont em-ployés aux mêmes usages , dans les tems de la plus haute anti-quité.
Pline rapporte , dans son vingt-septième livre, que les Gau-lois exprimoient du limeum une substance venimeuse dont ilsfrottoient les fléchés à chasser le cerf. Nous ne savons pas po-sitivement à quel genre de plante le limeum doit se rapporter :les changements des noms, Sc rincuriosité à vérifier les vertusattribuées aux végétaux par les Anciens, ont porté la plus grandeconfusion dans la Botanique. M. Linnams a décrit un sujet auquelil donne le nom de limeum (17) , 6c qu’il rejette dans la classe despentapétales, qui renferment de petites semences dans des cap-sules globuleuses ; mais qui oseroit décider que cette plante deLinnams est la plante de Pline ? D’ailleurs le mot de limeum estGaulois, 6c non Latin ; ce qui auroit dû déconcerter les Com-mentateurs (18). II paroît, par le passage suivant du même livre,que c’étoit une espece d’ellébore , de morelle , ou de jusquiame,puisqu’il faisoit entrer en délire les bœufs auxquels on le don-noit en forme de médicament: je fuis d’autant plus porté à croireque c’étoit une expression d’ellébore , que Pline dit , dans unautre endroit, que ces peuples usoient de ce suc pour oindre lapointe de leurs fléchés, afin d’attendrir la chair du gibier.
Indépendamment de cette composition , destinée à la chassedu cerf, les Gaulois avoient d’autres armes plus violemment em-poisonnées , 6c dont la matière étoit tirée d’un arbre que peu de
(17) Syjlema Natum. Ed. X. num. mot de Pancien idiome Gaulois , qui
1 1 r8. signifie une espece dé planté incon-
(18) Picard prouve, dans fa Prìfia nue de nos jours.
Cdtopedlâ j p. 174, que limcum est un