47 1 Additions au Commentaire
le poison de leurs armes , osèrent sortir de leurs murailles, aulieu d’attendre un siégé en forme : on leur lâcha d’abord quelquestroupes légeres , qui, fuyant à dessein, les attirèrent fur l’avant-garde de la grande armée : là il s eleva un combat rude & opiniâ-tre , pendant lequel les Brachmanes bleílerent un fort grand nom-bre de Macédoniens, & entre autres Ptolémée, qui avoir succédéà Ephestion dans la faveur d’Alexandre \ mais les. Indiens, ayantfini par être battus, s abandonnèrent à la discrétion du Vainqueur.Alors on remarqua les symptômes affreux qui survenoient aux sol-dats blessés , & à ceux même qui n’avoient été que légèrementeffleurés pendant faction : ils devenoient roides, sentoient des dou-leurs très aiguës & des convulsions violentes : leur peau étoitcomme glacée & marbrée de noir & de blanc ; ils vomissaient detems en teras une matière bilieuse qui annonçoit que la mortétoit sur le point de les enlever. A ces signes, si exactement dé-taillés , on reconnoît le poison de la vipere, ou du cobra de ca-pello.
Alexandre ne parut pas touché de l’état de ces malheureux, &ne montra de Tinquiétude que fur le fort de Ptolémée : tel étoitson caractère, qui ne s’est jamais démenti, de plus aimer un seulhomme que tout le genre humain. Comme la plupart des Grecsne pouvoient écrire l’Histoire fans y mêler des fables, & des fa-bles très absurdes, Diodore ajoute que le Vainqueur des Indiens,s’étant endormi de tristesse , eut un rêve qui sauva la vie auxMacédoniens blessés : il lui apparut en songe un animal qui te-noit dans fa gueule une efpece d’heibe , dont il expliqua les ver-tus ; ce qui éveilla Alexandre , qui fit chercher Tanalogue naturelde cette plante , qu’on trouva être le contre-poison des fléchésde Tennemi.
II est manifeste, comme Tobserve très bien Strabon , que lesplus vils adulateurs d’Alexandre ont forgé, selon le goût de leursiécle, ce conte puérile, dont on rencontre malheureusement cinqou six copies dans nos Histoires véridiques de TEurope, qui di-sent que les vertus de la croifette , de la bétoine, de la sauge ôcde la pimprenelle, ont été divinement révélées, &; cela à des
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