de l’ Histoire Naturelle de V line. 471
de leur poison : il y a toute apparence quils offroient, comme leDocteur Tyson assure, quon le pratique encore àux Indes, destranches de sang caillé à des viperes qui, étant irritées jusqu ala fureur, y vuidoient seau mortelle contenue dans les vésiculesde leurs gencives. Cette terrible préparation , qui fait frémir laNature, empêchoit ía liqueur vipérine de fe crystalliser ; carquoi-qu’on manque absolument d’expériences en ce cas, il y a pourtantlieu de croire que le venin de ces reptiles perd beaucoup de faforce , lorsqu il devient sel crystallin par l’évaporation \ puisquenous voyons que le tartre, dissous à l’eau chaude , fait tournerbien plus promptement le lait que le tartre en poudre. D’un autrecôté, le sang humain acquiert, par la putréfaction, une qualitétrès pernicieuse, dont les Scythes ont pu avoir connoissance, puif-qu’elle n’a point échappé à la basse méchanceté des Barbares del’Afrique.
II faut que les Romains aient, de rems en tems , essuyé desblessures faites avec des armes envenimées selon le procédé qu’onvient de décrire ; car Pline étale une longue liste d’antidotes con-tre les plaies qu’il appelle Scythiques, vulnera Scythica ; quoiqu’iiassure dans un autre endroit qu elles ét'oient toujours réfractairesaux remedes. II faudroit avoir beaucoup deloiíir, & encore plusde patience, pour analyser les spécifiques découverts par ce Na-turaliste : le plus court est de conseiller les sels alkalins, qui suf-fisent pour arrêter l’esset de tous les traits empoisonnés avec la bavedes serpents &: des viperes.
Ce qui nous reste à rapporter en dernier lieu fur les fléchésdes Brachmanes, est emprunté de Diodore de Sicile (2-4), quisemble savoir tiré des Ecrits d'Aristote, Auteur contemporain ,& instruit peut-être par les Officiers même de l’armée d’Alexan-dre. Ce Conquérant, né pour le malheur de l’Afie , pénétra dansl’Inde par une fuite de déprédations &' de massacres , jusqu aHarmata, derniere habitation de Brachmanes, qui, fe fiant fur
( 14 ) Vim Alex. an. IX, p. 120 . Trad. CospL