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Additions au Commentaire
IDÉE DE VOILES PLANES,
SUBSTITUÉES AUX VOILES COURBES.
V dis euntia navigia. Plin. I. jj.
C^’bst une erreur de croire que le vent ait plus d’action furune voile concave que fur une voile plane; car les fluides, dirigés con-tre un obstacle, n agissent point extérieurement fur lui , selon Paire defa courbure, mais selon la coupe diamétrale du même obstacle. Unevoile courbe a donc ce désavantage, quelle présente moins de super-ficie efficace au vent que fi elle étoit déployée & tendue pleine,comme on le pratique à l’égard des toiles dont on arme les ailesd’un moulin à vent. On s’est figuré jufqu’ici que le vent avoitplus d’avantage dans les voiles creuses , parcequ’il s’y engoufre ;mais je réponds que le souffle, une fois engagé dans une tellèvoile, y est répercuté vers un foyer commun, où il forme uneforte de cône dont le sommet vient rompre &; briser la sommitéde la colonne anémique subséquente, dans laquelle il entre avecréaction , en forme de coin; ce qui doit faire dévier à droite Stà gauche cette seconde colonne , Sc conséquemment priver lavoile d’une portion de souffle qui lui étoit directement destiné :au lieu que dans une voile plane, & strictement tendue, le soufflerépercuté choque de front & pleinement toute la sommité de lacolonne subséquente ; d’où il résulte que loin de la faire dévier,il vient faire corps avec elle, &ne forme avec elle qu’une mêmepuissance, contractant presque sur-le-champ le régime de cettenouvelle colonne, qui , en vertu d’une force infiniment supé-rieure , l’a ramené à sa premiere direction ; de sorte qu on peutconsidérer ici ce premier souffle répercuté comme réellementamorti, ou comme une sur-couche de la toile, ou comme la pre-miere