de l’Hifloire Naturelle de Pline. joy
appelle orbital, ou circulaire ; Sc il n’est aucun Méchanicien qui.ne soit à portée de démontrer qu’il est impossible que la Lune ,coníidérée comme un mobile, ne dût être dans ce cas, en sup-posant quelle circulât autour de nous. Or íì elle étoit dans cecas, il est constant qu’en circulant autour de nous, elle tourne-roit aussi fur son axe à notre égard , & qu’elle nous montreroitquelquefois son autre hémisphère ; ce qu elle ne fait jamais. D’oùii est prouvé, à la rigueur, que la Lune , par le principe que j’aiétabli, tourne fur son axe (i), comme tous les autres globes cé-lestes tournent fur le leur ; mais que cette rotation de la Lune ,étant â-peu-près la mesure de notre circulation autour d’elle, ceprocédé ( faute d’un point fixe intermédiaire entre la Lune Scnous Sc vu Téloignement excessif des autres astres ), nous échappequant aux sens , mais non quant au raisonnement technique , Sc àlanalyse intellectuelle ; les loix invariables du mouvement circu-laire étant applicables 5 c appliquées à tous les astres, Sc n’y ayantni raison ni prétexte pour en excepter la Lune par prédilec-tion.
Mais ( objectera-t-on ) les Astronomes ne nous disent pas crû-ment (z) que la Lune n ait point de rotation fur son axe ; ils
(1) Croira-t on un jour que les As-tronomes s’étoient figuré que la Lunecirculoit autour de laTerre, fans tour-ner fur son propre axe ; à-peu-prèscomme un des boutons qui terminentles quatre bras du volant qu mouli-net horííontal d’un tournebroche ?
(z) 11s le disent cependant, quandils veulent être de bonne foi avec lele peuple, & quitter le style illusoiredes grands mots. La Lune ne tournepomt sur son axe , écrit nettementM. Savérien, 1 .4, p. Z 6 Sc 40, Hijl. desPhilos. Mod. Dise. Prélitn. Mais plusloin ce Savant, d’ailleurs très estima-ble , tombe, comme les autres , dansle style énigmatique & captieux, en
écrivant que la révolution ’de la I^uneexprime sa rotation . ibid. p. 41.
Pour Newiton , il s’est expliqué trèsclairement au sujet de la non-rotationde la Lune sur son axe. Et comme cemanque de rotation lui paroiíloit,avec raison , quelque chose d’irrégu-iier & de monstrueux dans le régimeplanétaire , il s’est efforcé d’en trou-ver l’explication. 11 a prétendu quece qui empêchoit la Lune de tournerfur son axe, c’étoit la figure de stmglobe. Cette figure, selon lui , doitêtre celle d’un sphéroïde allongé parles poles. Mais , 11’en déplaise augrand Newton , un corps céleste ainsi,configuré , Sc même approchât-ii de.