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mêmes, mais nécessaires pour saisir les nuances très-fines de leursopérations. II semble n’avoir aperçu dans chaque espèce qu’uneuniformité de procédés et d’habitudes, qui donne l’idée dêtreobéis-sans à une force aveugle et mécanique, tandis qu’en observant deplus près, il auroit pu apercevoir des différences très-sensiblesentre les individus, et des actions qui semblent appartenir au rai-sonnement , qui indiquent même des idées abstraites et générales.
La première classe d’animaux décrite par M. de Buffon est celledes quadrupèdes ; la seconde, celle des oiseaux ; et c’est à ces deuxclasses que s’est borné son travail. Une si longue suite de descrip-tions sembloit devoir être monotone, et ne pouvoit intéresser queles savans : mais le talent a su triompher de cet obs;acle. Esclavesou ennemis de l’homme, destinés à sa nourriture, ou n’étant pourlui qu’un spectacle, tous ces êtres, sous le pinceau de M. de Buf-fon, excitent alternativement la terreur, l’intérêt, la pitié ou lacuriosité. Le peintre philosophe n’en appelle aucun sur celte scènetoujours attachante, toujours animée, sans marquer la place qu'iloccupe dans l’univers, sans montrer ses rapports avec nous. Maiss’agil-il des animaux qui sont connus seulement par les relationsdes voyageurs, qui ont reçu d’eux des noms diflérens, dont il fautchercher l’histoire et quelquefois discuter la réalité au milieu derécits vagues et souvent défigurés par le merveilleux , le savantnaturaliste impose silence à son imagination; il a tout lu, toutextrait, tout analysé, tout discuté : on est étonné de trouver unnomenclateur infatigable dans celui de qui on n’altendoit que destableaux imposans ou agréables; on lui sait gré d’avoir plié songénie à des recherches si pénibles; et ceux qui lui auraient repro-ché peut-être d’avoir sacrifié l’exactitude à l'effet, lui pardonnent,et sentent ranimer leur confiance.
Des réflexions philosophiques mêlées aux descriptions, à l’ex-position des faits et à la peinture des mœurs , ajoutent à l’intérêt,aux charmes de cette lecture et à son u'ilité. Ces réflexions ne60nt pas celles d’un philosophe qui soumet toutes ses pensées àune analyse rigoureuse, qui suit sur les divers objets les principesd’une philosophie toujours une : mais ce ne sont pas non plus cesréflexions isolées que chaque sujet offre à l’esprit, qui se présententd’elles-mêmes, et n’ont qu’une vérité passagère et locale. Celles dede M. de Buffon s’attachent toujours à quelque loi générale de lanature, ou du moins à quelque grande idée.
Dans ses discours sur les animaux domestiques, sur les animauxcarnassiers, sur la dégénération des espèces, on le voit tantôt esquis-ser l’histoire du règne animal considéré dans son ensemble, tantôt