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Tome premier.
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ÉLOGE

réelles, mais de pures vérités de définition : observation juste, sion veut la prendre dans la rigueur métaphysique, mais qui sap-plique également alors aux vérités de tous les ordres, dès quellessont précises et quelles nont pas des individus pour objet. Siensuite on veut appliquer ces vérités à la pratique et les rendredès-lors individuelles, semblables encore à cet égard aux véritésmathématiques, elles ne sont plus que des vérités approchées. Ilnexiste réellement quune seule différence cest que les idées dontlidentité forme les vérités mathématiques ou physiques sont plusabstraites dans les premières; d il résulte que, pour les véritésphysiques, nous avons un souvenir distinct des individus dontelles expriment les qualités communes, et que nous ne lavonsphis pour les autres. Mais la véritable réalité, lutilité dune pro-position quelconque est indépendante de celte différence; car ondoit regarder une vérité comme réelle, toutes les fois que, si onlapplique à un objet réellement existant, elle reste une vérité ab-solue, ou devient une vérité indéfiniment approchée.

M. de Bullon proposoit dassigner une valeur précise à la proba-bilité très-grande que lon peut regarder comme une certitudemorale, et de navoir au-delà de ce terme aucun égard à la petitepossibilité d'un événement contraire. Ce principe est vrai, lorsqueIon veut seulement appliquer à l'usage commun le résultat duncalcul; et dans ce sens tons les hommes lont adopté dans la pra-tique, tous les philosophes l'ont suivi dans leurs raison nemens :mais il cesse dêtre juste si on lintroduit dans le calcul même, etsurtout si on veut lemployer à établir des théories, à expliquerdes paradoxes, à prouver ou à combattre des régies générales.I) ailleurs celle probabilité qui peut sappeler certitude morale , doitêtre plus ou moins grande suivant la nature des objets que lonconsidère, et les principes qui doivent diriger notre conduite; etil auroit fallu marquer pour chaque genre de vérités et dactionsle degré de probabilité il commence à être raisonnable de croireet permis dagir.

C est par respect pour les talens de notre illustre confrère quenous nous permettons de faire ici ces observations. Lorsque desopinions qui paroissent erronées se trouvent clans un livre fritpour séduire lesprit comme pour léclairer, c'est presque un de-voir d'avertir de les soumettre à un examen rigoureux. Ladmira-tion dispose si facilement à la croyance, que les lecteurs, entraînesà la fois par le nom de lauteur et par le charme du style, cèdentsans résistance, et semblent craindre que le doute, en affaiblissantun enthousiasme qui leur est cher, 11e diminue leur plaisir. Maison