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les pins précieux et les plfis étendus que l’antiquité nous ait laissés
pour rhisioirc des progrès de l’espèce humaine.
Dans un siècle plus éclairé, M. de lin lion a réuni ses propresobservations à celles que ses immenses lectures lui ont fournies;son plan, moins étendu que celui de Pline, est exécuté d’unemanière plus complète; il présente et discute les résultats qu’Aris-tote n’avoit osé qu’indiquer.
Le philosophe grec n’a mis dans son style qu’une précisionméthodique et sévère , et n'a parlé qu’à la raison.
Pline, dans un si)le noble, énergique et grave, laisse échap-per des traits d’une imagination forte , mais sombre , et d’unephilosophie souvent profonde , mais presque toujours austère etmélancolique.
M. deBuflon, plus varié, plus brillant, plus prodigue d’images,joint la facilité à l’énergie, les grâces à la majesté ; sa philosophie,avec un caractère moins prononcé , est plus vraie et moins allli-geante. Aristote semble n’avoir écrit que pour les sa van s , Plinepour les philosophes, M. de lîn (Ton pour tous les hommes éclairés.
Aristote a été souvent égaré par cette vaine métaphysique desmots , vice de la philosophie grecque, dont la supériorité de sonesprit ne put entièrement le garantir.
La crédulité de Pline a rempli son ouvrage de fables qui jettentde l’incertitude sur les faits qu’il rapporte, lors meme qu'on n’estpas en droit de les reléguer dans la classe des prodiges.
On n’a reproché à M. de Buffon que ses hypothèses : ce sontaussi des espèces de fables, mais des fables produites par une imagi-nation active qui a besoin de créer, et non par une imaginationpassive qui cède à des impressions étrangères.
On admirera toujours dans Aristote le génie de la philosophie ;on étudiera dans Pline les arts et l'esprit des anciens, on y cher-chera ces traits qui frappent l’àme d’un sentiment triste et pro-fond : mais on lira M. de Billion pour s’intéresser comme pours’instruire; il continuera d'exciter pour les sciences naturelles unenthousiasme utile, et les hommes lui devront long-temps et lesdoux plaisirs que procurent à une âme jeune encore les premiersregards jetés sur la nature, et ces consolations qu'éprouve uneâme fatiguée des orages de la vie, en reposant sa vue sur l'immen-sité des êtres paisiblement soumis à des lois éternelles et néces-saires.