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Tome premier.
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LHISTOIRE NATURELLE. 4 9

cela seul suffit pour prouver que les anciens navoient pas, à beau,coup près, autant de connoissances en histoire naturelle que nousen avons. Cependant cest tout le contraire, et nous aurons dansla suite de cet ouvrage mille occasions de prouver que les anciensétoient beaucoup plus avancés et plus instruits que nous ne lesommes, je ne dis pas en physique, mais dans lhistoire naturelledes animaux et des minéraux, et que les faits de cette histoire leurétoient bien plus familiers quà nous, qui aurions du profiter deleurs découvertes et de leurs remarques. En attendant quon envoie des exemples en détail, nous nous contenterons dindiquerici les raisons générales qui suffiroient pour le faire penser, quandmême on nen auroit pas des preuves particulières.

La langue grecque est une des plus anciennes et celle dont on afait le plus long-temps usage. Avant et depuis Homère ou a écritet parlé grec jusquau treizième ou quatorzième siècle, et actuel-lement encore le grec corrompu par les idiomes étrangers ne dif-fère pas autant du grec ancien que litalien diffère du latin. Cettelangue,quon doit regarder comme la plus parfaite et la plus abon-dante de toutes, étoit, dès le temps dHomère , portée à un grandpoint de perfection, ce qui suppose nécessairement une anciennetéconsidérable avant le siècle même de ce grand poëte; car lon pour-rait estimer lancienneté ou la nouveauté dune langue par la quan-tité plus ou moins grande des mots et la variété plus ou moins nuan-cée des constructions. Or, nous avons dans cette langue les nomsdune très-grande quantité de choses qui nont aucun nom en-latinou en français : les animaux les plus rares, certaines espèces doi-seaux, ou de poissons, ou de minéraux, quon ne rencontre quetrès-difficilement, très-rarement, ont des noms, et des noms cons-tans, dans cette langue; preuve évidente que ces objets de lhis-toire naturelle étoient connus, et que les Grecs non-seulement lesconnoissoient, mais même quils en avoient une idée précise ,quils ne pouvoient avoir acquise que par une étude de ces mêmesobjets ; étude qui suppose nécessairement des observations et desremarques : ils ont même des noms pour les variétés ; et ce quenous ne pouvons représenter que par une phrase, se nomme danscette langue par un seul substantif. Cette abondance de mots,cette richesse dexpressions nettes et précises, ne supposent-ellespas la même abondance didées et de connoissances? Ne voit-onpas que des gens qui avoient nommé beaucoup plus de choses quenous, en connoissoient par conséquent beaucoup plus? Et cepen-dant ils navoient pas fait comme nous des méthodes et des arran-gent ens arbitraires : ils pensoient que la vraie science est la connois-Biiffbn. 1 . 4