“pénéfré. La première chose qui se présente, c’est l’immense quan-tité d’eau qui couvre la plus grande partie du globe. Ces eauxoccupent toujours les parties les plus basses ; elles sont aussi tou-jours de niveau, et elles tendent perpétuellement à l’équilibre etau repos. Cependant nous les voyons 1 agitées per une forte puis-sance, qui, s’opposant à la tranquillité de cet élément, lui imprimeun mouvement périodique et réglé, soulève et abaisse alternative-ment les flots, et fait un balancement de la masse totale des mers,en les remuant jusqu’à la plus grande profondeur. Nous savonsque ce mouvement est de tous les temps, et qu’il durera autantque la lune et le soleil, qui en sont les causes.
Considérant ensuite le fond de la mer, nous y remarquons au*tant d’inégalités ’ que sur la surface delà terre; nous y trouvonsdes hauteurs s , des vallées, des plaines, des profondeurs, des ro*-
raison, le plus grand nombre tic cavernes, de fentes, et «le mines métalliques quiont rempli ces fentes dans le temps de leur fusion ou de leur sublimation.
L'or et l’argent, qui ne font qu’une quantité , pour ainsi dire , infiniment petiteen comparaison île celle des autres matières du globe , ont été sublimés en vapeurs ,et se sont séparés de la matière vitrescible commune par l'action de la chaleur, dela môme manière que Von voit sortir d'une plaque d’or ou d’argent exposée au foyerd’un miroir ardent, des particules qui s'en séparent par la sublimation, et quidorent .ou argentent les corps que l'on expose a cette vapeur métallique : ainsi 1 onne peut pas croire que ccs métaux, susceptibles de sublimation , même a une cha-leur médiocre , puissent ôtre entrés en grande partie dans la composition du globe,ni qu'ils soient placés 'a de grandes profondeurs élans son intérieur, fl en est demôme (b* tous les autres métaux et minéraux, qui sont encore plus susceptibles dese sublimer par l’action de la chaleur} et a l égard des sables vitrescibles et desargiles, qui ne sont que les d •trimrns des scories vitrées dont *a surface du globeétoit couverte immédiatement après le premier refroidissement, il est certain qu ellesn’ont pu se loger dans l'intérieur, et qu’elles pénètrent tout ali plus aussi lias queles liions métalliques dans les lentes et dans les autres cavités d“ cette anciennesurface de la Terre , maintenant recouverte par toutes les matières que les eauxont déposées.
Nous sommes donc bien fondés a conclure que le globe de la Terre n’est, dansson intérieur, qu'une masse solide de matière vitrescible, saus vides, sans cavités,et qu’il ne s'en trouve que dans tes couches qui soutiennent celles de sa surface}que sous l'équateur, et dans les climats méridionaux, ces cavités ont été et sontencore plus grandes que dans les climats tempérés on septenti ionaux, parce qu’ily a eu deux causes qui les ont produites sous l'équateur; savoir, la force centri-fuge et le refroidissement} au lieu que, sous les pôles, il n y a eu que la seulecause du refroidissement : en sorte que , dans les parties méridionales, les afiais-semens ont été bien plus considérables, les inégalités plus grandes, les fentes per-pendiculaires plus fréquentes, et les inities des métaux précieux plus abondantes.( Add- Buff. )
1 Voyez les Preuves, art. XIT.
2 Voyez les Preuves, art. Xllf.
3 Voyez la Carte dressée en 1737 par M. Buacbe, des profondeurs de l'Océanentre l’Afrique et l'Amérique .