164 THÉORIE
« construction du vaisseau dont nous venons de parler; car il n’y« a que les vaisseaux de Siraf dont la fabrique est telle, que le*« bordages ne sont point cloués, mais joints ensemble d’une ma-« nière particulière, de même que s’ils étoient cousus, au lieu que« ceux de tous les vaisseaux de la mer Méditerranée et de la côte« de Syrie sont cloués , et 11 e sont pas joints de cette manière 1 . »
Voici ce qu’ajoute le traducteur de cette ancienne relation.
« Abu/.iel remarque comme une chose nouvelle et fort exlraor-« dinaire, qu’un vaisseau fut porté de la mer des Indes sur les« côtes de Syrie. Pour trouver le passage dans la mer Méditer -« ranée, il suppose qu’il y a une grande étendue de mer au-dessus« de la Chine , qui a communication avec la mer des Cozars,« c’est-à-dire de Moscovie. Ta mer qui est au-delà du cap des« Courans éloit entièrement inconnue aux Arabes , à cause du« péril extrême de la navigation; et le continent étoit habité par« des peuples si barbares , qu’il n’étoit pas facile de les soumettre,« ni même de les civiliser par le commerce. Le6 Portugais nece trouvèrent depuis le caj) de Bonne-Espérance jusqu’à Soffala« aucuns Maures établis, comme ils en trouvèrent depuis dans« toutes les villes maritimes jusqu’à la Chine . Cette ville étoit« la dernière que connoissoient les géographes ; mais ils ne« pouvoient dire si la mer avoit communication par l’extrémité« de l’Afrique avec la mer de Barbarie, et ils se contentoient deu la décrire jusqu’à la côte de Zinge, qui est celle de la Cafrerie :« c’est pourquoi nous 11 e pouvons douter que la première décou-« verte du passage de cette mer par le cap de Bonne-Espérance « 11 'ait eîe faite par les Européens, sons la conduite de Vasco de« Gama, ou au moins quelques années avant qu’il doublât le cap,« s’il est vrai qu’il se soit trouvé des cartes marines plus anciennes« que cette navigation, où le cap éloit marqué sous le nom de« Fronteira da yifriqua. Antoine Gai van témoigne, sur le rap-« port de Francisco de Sousa Tavares, qu’en i5a8 l'infant doncc Fernand lui fit voir une semblable carte qui se trou voit dans« le monastère d’Acoboca, et qui éloit faite il y avoit cent vingt« ans, peut-être sur celle qu’on dit être à Venise dans le trésor de« Saint-Marc, et qu’on croit avoir été copiée sur celle de Marc« Paolo, qui marque aussi la pointe de l’Airique , selon le témoi-« gnage de Ranmsio, etc. » J/ignorance de ces siècles au sujetde la navigation autour de l’Afrique paroitra peut-être moins