singulière que le silence de l’éditeur de cette ancienne relation ausu jel des passages d’Hérodote , de Pline , etc. , que nous avons cilés ,et qui jH’Ouvent que les anciens a voient fait le tour de l’Afrique .
Quoi qu’il en soit, les côtes de l’Afrique nous sont actuellementbien connues; mais quelques tentatives qu’on ait faites pour pé-nétrer dans l’intérieur du pays , on n’a pu parvenir à le connoîtreassez pour en donner des relations exactes. Il serait cependant fortà souhaiter que, parle Sénégal ou par quelque autre fleuve, onput remonter bien avant dans les terres et s’y établir : on y frou-veroit, selon toutes les apparences , un pays aussi riche en minesprécieuses que l’est le Pérou ou le Brésil ; car on sait que leslleuves de l'Afrique charrient beaucoup d’or ; et connue ce conti-nent est un pays de montagnes trcs-élevées , et que d’ailleurs ilest situé sous l’équateur, il n’est pas douteux qu’il ne contienne ,aussi bien que PAmérique, les mines des métaux les plus pesans,et les pierres les plus compactes et les plus dures.
.La vaste étendue de la Tartarie septentrionale et orienfale n’aété* reconnue que dans ces derniers 1emps. Si les cartes des -Mos-covites sont justes, on commît à présent les cotes de toute cellepartie de l'Asie , et il paroit que depuis la pointe de la Tartarieorientale jusqu’à l’Amérique sptentrionale , il n'y a guère qu’unespace de quatre ou cinq cents lieues : on a même prétendu toutnouvellement que ce trajet cloit bien plus court; cardans la ga-zette d’Amsterdam du 21 janvier 17i t , il est dit, à l’article dePétersbouvg , que M. Slollcr avoit découvert, au-delà de Kam lâ-chât ka , une des îles de l’Amérique septentrionale, el qu’il avoitdémontré qu’011 pouvoit y aller des terres de l’empire de Russie par un petit trajet. Des Jésuites et d’autres missionnaires ontaussi prétendu avoir reconnu en Tartarie des sauvages qu’ilsavoient catéchisés en Amérique ; ce qui supposerait en effet que letrajet serait encore bien plus court *. Cet auteur prétend mêmeque les deux continens de’ l’ancien et du nouveau monde sejoignent par le nord, et il dit que les dernières navigations desJapon nais donnent lieu déjuger quels trajet dont nous avons parlé11'est qu’une baie, au-dessus de laquelle 011 peut passer parterred’Asie en Amérique : mais cela demande confirmation ; car jusqu’àprésent on a cru, avec quelque sorte de vraisemblance, que lecontinent du pôle arctique est séparé en entier des autres conti-nens, aussi bien que celui du pôle antarctique.
i Voyez Y Histoire de la Nouvelle-France, par le P. Ciiailevoix, tom. LIT,paç. 3© et 3i.