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Tome premier.
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DE LA TERRE . ao 5

Européens ont eu occasion de creuser , soit dans les montagnes,soit dans les plaines, fournissent aussi des coquilles; ce qui faitvoir quelles ont cela de commun avec les continens qui les avoi-sinent

En voilà assez pour prouver quen effet on trouve des coquillesde mer , des poissons pétrifiés et dautres productions marines ,presque dans tous les lieux on a voulu les chercher, et quellesv sont en prodrgeuse quantité.

« Il est vrai, dit un auteur anglais *, quil y a eu quelques co-« quilles de mer dispersées çàet sur la Terre par les armées, par« les habitans des villes et des villages, et que la Loubère rap-« porte dans son Voyage de Siarn , que les singes au cap de Bonne-« Espérance samusent continuellement à transporter des co-te quilles du rivage de la mer au-dessus des montagnes; mais cela« ne peut pas résoudre la question pourquoi ces coquilles sont« dispersées dans tous les climats de la Terre , et jusque danslin-« térieur des plus hautes montagnes, elles sont posées par lit,« comme elles le sont dans le fond de la mer. »

En lisant une lettre italienne sur les changemens arrivés auglobe terrestre, imprimée à Paris cette année ( 1746 ), je matten-dois à y trouver ce fait rapporté par la Loubère; il saccorde par-faitement avec les idées de lauteur : les poissons pétrifiés ne sont,à son avis, que des poissons rares, rejetés de la table des Romainsparce quils néloient pas frais; et à légard des coquilles, ce sont,dit-il, les pèlerins de Syrie qui ont rapporté, dans le temps descroisades, celles des mers du Levant quon trouve actuellementpétrifiées en France , en Italie , et dans les autres états de la chré-tienté. Pourquoi na-t-il pas ajouté que ce sont les singes qui onttransporté les coquilles au sommet des hautes montagnes et danstous les lieux les hommes ne peuvent habiter ? cela neût riengâté et eût rendu son explication encore plus vraisemblable. Com-ment se peut-il que des personnes éclairées et qui se piquent mêmede philosophie, aient encore des idées aussi fausses sur ce sujet 1 2 3 * 5 ?

1 Voyez Lettres philosophiques sur la formation des sels , pag. 20 5 .

2 Taacred. Robinson.

3 Suret; que j'ai écrit, au sujet de la lettre italienne, dans laquelle il est dit

que ce sont les pèlerins et autres qui, dans le temps des croisades, ont rap-porté de Syrie les coquilles que nous trouvons dans le sein de la terre en

France , etc., on n pu trouver, comme je le trouve moi-môme , que je nai pastraité M. de Voltaire assez sérieusement ; javoue que jaurois mieux fait de laissertomber cette opinion que de la relever par une plaisanterie, dautant que cen'est pas mon ton, et que cest peut-être la seule qui soit dans mes écrits. M. deVoîuire est un homme qui, par la supériorité de ses talens, mérite les plus grands