Terre a pris sa consistance, il s'est élevé à sa surface un grandnombre d'aspérités, il s’est fait des boursouflures comme dans unbloc de verre ou de métal fondu. Celte première cause a doncproduit les premières elles plus hantes montagnes qui tiennentpar leur base à la roche intérieure du globe, et sous lesquelles,comme partout ailleurs, il a dû se trouver des cavernes qui se sontabaissées en différons temps : mais, sans considérer ce secondévénement de l’affaissement des cavernes, il est certain que, dansle premier temps où la surface de la Terre s’est consolidée, elleétoit sillonnée partout de profondeurs et d'éminences uniquementproduites par l’action du premier refroidissement. Ensuite, lors-que les eaux se sont dégagées de l'atmosphère, ce qui est arrivedi s que la Terre a cessé d’être brûlante au point de les rejeter envapeurs, ces mêmes eaux ont couvert toute la surface de la Terre actuellement habitée jusqu'à la hauteur de 2000 toises; et, pen-dant leur long séjour sur nos conlinens, le mouvement du flux etd u reflux et celui des courans ont changé la disposition et la formedes montagnes et des vallées primitives. Ces mouvemens aurontformé des collines dans les vallées, ils auront recouvert et envi-ronné de nouvelles couches de terre le pied et les croupes desmontagnes ; et les courans auront creusé des sillons, des vallons,dont tous les angles se correspondent. C’est à ces deux causes,dont l'une est bien plus ancienne que l’autre, qu’il faut rapporterla forme extérieure que nous présente la surface de la Terre . En-suite, lorsque les mers se sont abaissées, elles ont produit des escar-peiuens du côté de l’occident où elles s’écouloient le plus rapide-ment, et ont laissé des pentes douces du côté de l’orient.
I.es éminences qui ont été formées par le sédiment et les dépôtsde la mer, ont une structure bien différente de celles qui doiventleur origine au feu primitif: les premières sont toutes disposéespar couches horizontales et contiennent une inimité de produc-tions marines; les autres, au contraire, ont une structure moinsrégulière et ne renferment aucun indice de productions de lamer. Ces montagnes de première et de seconde formation n'ontrien de commun que les fentes perpendiculaires qui se trouventdans les unes comme dans les autres; mais ces fentes sont un effetcommun de deux causes bien différentes. Les matières vitres^cibles, en se refroidissant, ont diminué de volume, et se sont parconséquent fendues de distance en distance : celles qui sont com-posées de matières calcaires amenées par les eaux, se sont fenduespar le dessèchement.
J ai observé plusieurs fois sur les collines isolées, que le premier