SECONDE PARTIE. 5-^
mouler à l’origine île la formation du globe, qui nous démontraqu’il a été fondu, liquéfié par le feu ; considérer ensuite que de cedegré immense de chaleur il a passé successivement au degré desa chaleur actuelle; que dans les premiers momens où sa surfacea commencé de prendre de la consistance, il a dû s’y formerdes inégalités, telles que nous en voyons sur la surface des ma-tières fondues et refroidies ; que les plus hautes montagnes, toutescomposées de matières vi tri fiables, existent et datent de ce mo-ment, qui est aussi celui de la séparation des grandes masses del’air, de l’eau et de la terre; qu’ensuite pendant le long espace detemps que suppose le refroidissement, ou, si l’on veut, la diminu-tion de la chaleur du globe au point de la température actuelle,il s’est fait dans ces memes montagnes, qui éloient les parties lesplus exposées à l’action des causes extérieures, une infinité del’usions, de sublimations, d’agrégations et de transformations detoute espèce par le feu de la terre, combiné avec la chaleur dusoleil, et toutes les autres causes que celte grande chaleur rendoitplus actives quelles ne le sont aujourd’hui ; que par conséquentou doit rapporter à celte date la formation des métaux et des mi-néraux que nous trouvons en grandes masses et en filons épais etcontinus. Le feu violent de la terre embrasée, après avoir élevé etréduit en vapeurs tout ce qui étoit volatil, après avoir chassé deson intérieur les matières qui composent l’atmosphère et les mers,a dù sublimer en même temps toutes les parties les moins fixes dela terre, les élever et les déposer dans tous les espaces vides, danstoutes les fentes qui se formoient à la surface à mesure qu’elle serefroidissoit. Voilà l’origine et la gradation du gisement et de laformation des matières vitrifiables, qui toutes forment le noyaudes plus grandes montagnes et renferment dans leurs fentes toutesles mines des métaux et des autres matières que le feu a pu divi-ser, fondre et sublimer. Après ce premier établissement encore sub-sistant des matières vitrifiables et des minéraux en grande massequ’on ne peut attribuer qu’à l'action du feu, l’eau, qui jusqu’alorsne formoit avec l’air qu’un vaste volume de vapeurs, commençade prendre son état actuel dès que la superficie du globe fut assezrefroidie pour ne la plus repousser et dissiper en vapeurs : elle serassembla donc et couvrit la plus grande partie de la surface ter-restre, sur laquelle se trouvant agitée pwr un mouvement conti-nuel de flux et de reflux, par l’action des vents, par celledela cha-leur, elle commença d'agir sur les ouvrages du feu ; elle altéra peuà peu la superficie des matières vitrifiables; elle en transporta lesdébris, les déposa en forme de sédimens; elle put nourrir les