126 HISTOIRE NATURELLE
C'est à celte mine cornée que Ton a rapporté la matière molle,légère, blanche ou grise, que AI. Sclireiberg a trouvée aux minescle Sainte-Marie, dont parle M. Monnet, et qui étoil fort richeen argent : mais cette matière 11e contient point de soufre commela mine d’argent cornée ; et cette différence suffit pour qu’on doiveles distinguer l’une de l’autre.
La troisième et la plus belle minéralisation de l’argent, est lamine en cristaux transparens et d’un rouge de rubis. Ces beauxcristaux ont quelquefois plusieurs lignes de longueur, et tous nesont pas également transparens; il y en a même qui sont presqueopaques et d’un rouge obscur; ils sont ordinairement groupés lesuns sur les autres, et souvent ils sont mêlés de cristaux gris quisont entièrement opaques.
De la décomposition de cette mine et des deux précédentes seforment d autres mines, dont l’une des plus remarquables est lamine d’argent noire. M. Lelnnann a observé que cette mine d’ar-gent noire paroissoit devoir sa formation à la décomposition demines d’argent plus riches, telles que la mine d’argent rouge oula mine d’argent vitrée. Il ajoute « que cette mine noire est assez« commune au Hartz, en Hongrie , en Saxe , etc., et qu’àFreyberg« on la trouvoit jointe à de la mine d’argent vitrée.» Et nous pou-vons ajouter quelle est très-commune au Pérou et au Mexique , oùles Espagnols lui donnent le nom de negrillo. Celle mine noire estde dernière formation, puisqu’elle provient de la décompositiondes autres : aussi se trouve-t-elle encore souvent accompagnéed’argent en filets, qui n'est formé lui-mème que de l’agrégationdes petites particules détachées des mines primitives de ce métalpar le mouvement et la stillation des eaux.
Au reste, les concrétions les plus communes de l'argent sontcelles où ce métal, réduit en poudre, se trouve interposé, etcomme incorporé dans différentes terres et pierres calcaires ouvitreuses. Ces concrétions se présentent souvent en masses très-considérables, et plus ou moins pesantes dans le rapport de laquantité de l’argent en poudre qu’elles contiennent, et quelquefoiscette quantité fait plus de moitié de leur masse; elles sont forméespar l’intermède de l’eau qui a charrié et déposé ces particules d’ar-gent avec des terres calcaires ou vitreuses, qui, s’étant ensuiteresserrées, consolidées et durcies par le dessèchement, ont forméces concrétions aussi riches que faciles à réduire en métal.
Et au sujet de la réduction de l’argent minéralisé en métal pur,nous croyons devoir ajouter à ce que nous en avons dit 1 l’extrait