iç>8 HISTOIRE NATURELLE.
magnétique, tandis que des barres entièrement semblables, et si-tuées depuis un très-long temps dans le sens de ce méridien, neprésentent aucun signe de la plus foible aimantation Ce dernierfait, qui est important, démontre le rapport immédiat du magné-tisme et de l’électricité, et prouve en même temps que le fluideélectrique est non-seulement la cause de la plupart des tremble-xnens de terre, mais qu’il produit aussi l’aimantation de toutes lesmatières ferrugineuses sur lesquelles il exerce son action.
Rassemblant donc tous les rapports entre les phénomènes,toutes les convenances entre les principaux effets du magnétismeet de l’électricité, il me semble qu’on ne peut pas se refuser àcroire qu’ils sont produits par une seule et même cause, et je suispersuadé que si on réfléchit sur la théorie que je viens d’exposer,on en reconnoîtra clairement l’identité. Simplifier les causes, etgénéraliser les effets, doit être le but du physicien ; et c’est aussitout ce que peut le génie aidé de l'expérience et guidé par les ob-servations.
Or nous sommes aujourd'hui bien assurés que le globe ter-restre a une chaleur qui lui est propre, et qui s'exhale incessam-ment par des émanations perpendiculaires à sa surface ; nous sa-vons cpie ces émanations sont constantes, très-abondantes dansles légions voisines de l'équateur , et presque milles dans lesclimats froids. Ne doivent-elles pas dîs-lors sc porter de l'équa-teur aux deux pôles par des coiuans opposés? et comme 1 hémi-sphère austral est plus refroidi que le boréal, qu’il présente à sasurface une plus grande étendue de plages glacées , et qu’il estexposé pendant quelques jours de moins à l’action du soleil 1 * 3 , lesémanations de la chaleur qui forment les courans électriques etmagnétiques doivent s’y porter en plus grandeqnantité que dansl’hémisphère boréal. Les pôles magnétiques boréaux du globesont dès-lors moins puissans que les pôles magnétiques austraux.C’est l’opposé de ce qu’on observe dans les aimans, tant naturelsqu’artificiels, dont le pôle boréal est plus fort que le pôle austral,amsi que nous le prouverons dans les articles suivans; et commec’est un effet constant du magnétisme , que les pôles semblablesse repoussent, et que les pôles diflérens s’attirent, il n’est pointsurprenant que, dans quelque hémisphère qu’on transporte l’ai-guille aimantée, son pôle nord se dirige vers le pôle boréal duglobe, dont il diffère par la quantité de sa force, quoiqu’il porte
1 Ct's faits ont été mis hors de doute par des expériences qui ont été faites par
M. de Rozières, capitaine an corps royal du génie.
s Voyez les Époques de la Sature.