20 !
TRAITÉ DE L'AIMAAT, etc.que celles de la montagne do Chenavari, près de RocTiemnure ,qui ont plus de douze pieds de hauteur, présentent plusieurs co-lonnes douées de cette vertu magnétique, laquelle peut leur avoirété communiquée par les foudres électriques ou par le magné-tisme général du globe
il en est de même des tremblemens de terre , et des boulever-semens que produisent leurs mouvemens subits et désastreux : cesont les foudres de l'électricité souterraine, dont les coups frap-pent et soulèvent par secousses de grandes portions de terre, etdès-lors toute la matière ferrugineuse qui se trouve dans celtegrande étendue devient magnétique par l'action de celte foudreélectrique; ce qui produit encore de nouvelles mines atlirables àl'aimant, dans les lieux où il n’existoit auparavant que du fer enrouille, en ocre, et qui, dans cet état, netoit point magnétique.
Les grands incendies des forêts produisent aussi une quantitéconsidérable de matière ferrugineuse et magnétique. La plusgrande partie des terres du nouveau monde étoient non-seule-ment couvertes , mais encore encombrées de bois morts ou vi-vans, auxquels.on a mis le feu pour donner du jour et rendrela terre susceptible de culture. Et c’est surtout dans l'Amériqueseptentrionale que. l'on a brûlé et que l’on brûle encore ces im-menses forêts dans une vaste étendue ; et cette cause particulièrepeut avoir influé sur la déclinaison vers l'ouest, de l'aimant enEurope .
On ne doit donc regarder la déclinaison de l'aimant que commelin effet purement accidentel, et le magnétisme comme un pro-duit particulier de lélectricité du globe. TNous allons exposer endétail tous les faits qui ont rapport aux phénomènes de l'aimant,ot l’on verra qu’aucun ne démentira la vérité de cette assertion.
ARTICLE II.
J.Je la nature et de la formation de l’aimant.
L’aimant n’est qu'un minéral ferrugineux qui a subi l'actiondu feu , et ensuite a reçu , par l'électricité générale du globe ter-restre, son magnétisme particulier. L'aimant primordial est unemine de fer en roche vitreuse , qui ne diffère des autres minesde 1èr produites par le feu primitif qu’en ce qu’elle attire puis-samment les autres matières ferrugineuses qui ont de même subil’action du feu. Ces mines de l'aimant primordial sont moins fu-