206 histoire naturelle.
est, fournie toute autre matière, sujet aux lois de l'attraction gé-nérale, et en même temps il semble posséder une force attractiveparticulière, et qui ne s’exerce que sur le fer ou sur un autre ai-mant : or nous avons démontré que cette force, qui nous paroit at-tractive, n'est dans le réel qu'une force impulsive, dont la causeet les ell’ets sont tous difi’érens de ceux de l'attraction universelle.
"Dans le système adopté par la pluparL des physiciens, on sup-pose un grand tourbillon de matière magnétique circulant autourdu globe terrestre, et de petits tourbillons de cette même matière,qui non-seulement circule d’un pèle à l'autre de chaque aimant,mais entre dans leur substance, et en sort pour y rentrer. Dans laphysique de Descartes , tout étoit tourbillon, tout s’expliquoit pardes mouvemens circulaires et des impulsions tourbillonnantes :mais ces tourbillons, qui remplissoient l’univers, ont disparu ; il nereste que ceux de la matière magnétique dans la tète de ces phy-siciens. Cependant l’existence de ces tourbillons magnétiques estaussi peu fondée que celle des tourbillons planétaires ; et on peutdémontrer, par plusieurs faits, que la force magnétique ne semeut pas en tourbillon autour du globe terrestre, lion plus qu’au-tour de l'aimant.
l,a vertu magnétique, que l’aimant possède éminemment, peutde même appartenir au fer, puisque laonant la lui communiquepar le simple contact, et que même le fer l’acquiert sans cc secours,lorsqu’il est exposé aux impressions de l’atmosphère : le fer de-vient alors un \ ériiable aimant, s’il reste long-temps dans la mêmesituation ; de plus, il s’aimante assez fortement par la percussion,par le frottement de la lime, ou seulement en le pliant et re-pliant plusieurs fois : mais ces derniers moyens ne donnent au 1erqu'un magnétisme passager, et ce métal ne conserve la vertu ma-gnétique que quand il l a empruntée de l’aimant, ou bien acquisepas une exposition à l'action de l'électricité générale pendant untemps assez long pour prendre des pôles lixes dans une directiondéterminée.
Lorsque le fer, tenu long-temps dans la même situation, ac-quiert de lui-même la vertu magnétique, qu’il la conserve , et qu’ilpeut même la communiquer à d'autres iers, comme le fait l'aimant,doit-on se refuser à croire une, dans les mines primitives, les par-ties qui se sont trouvées exposées à ces mêmes impressions de l'at-mosphère ne soient pas celles qui ont acquis la vertu magné-tique, et (pie par conséquent toutes les pierres d’aimant, qui neforment que de petits blocs en comparaison des montagnes et desautres masses des mines primordiales de fer, éloienl aussi les seules