TRAITÉ DF. L’AÏMANT , etc. 207
parties exposées à celle action extérieure qui leur a donné les pro-priétés magnétiques? Rien ne s'oppose à celte vue, ou plutôt à cel'ait; car la pierre d’aimant est certainement une matière ferrugi-neuse, moins fusible, à la vérité, que la plupart des autres minesde fer; et cette dernière propriété indique seulement qu’il a fallupeut-être le concours de deux circonstances pour la productionde ces aimans primitifs, dont la première a été la situation et l'ex-position constante à l’impression du magnétisme général ; et la se-conde, une qualité dillérenle dans la matière ferrugineuse quicompose la substance de l’aimant : car la mine d’aimant n’est plusdiflicile à (ondre que les autres mines de fer en roche que parcette diilèrence de qualité. L’aimant primordial approche, commenous l’avons dit, de la nature du régule de fer, qui est bien moinsfusible que sa mine. Ainsi cet aimant primitif est une mine de ferqui, ayant su bi une plus forte action du feu que les autres mines,est devenue moins fusible; et en effet, les mines d’aimant ne setrouvent pas, comme les autres mines de fer, par grandes massescontinues, mais par petits blocs placés à la surface de ces mêmesmines, où le feu q^rimitif, animé par l’air, étoit plus actif quedans leur intérieur.
Ces blocs d’aimant sont plus ou moins gros, et communémentséparés les uns des autres; chacun a sa sphère particulière d'at-traction et ses pôles ; et puisque le fer peut acquérir de lui-mêmetoutes ces propriétés dans les mêmes circonstances, ne doit-on pasen conclure que, dans les mines primordiales de fer, les parties quiétaient exposées au feu plus vif que l'air exciloit à la surface duglobe en incandescence, auront subi une plus violente action dece feu , et se seront en même temps divisées, fendues, séparées, etquelles auront acquis d’ellcs-mèmes cette puissance magnétiquequi ne diminue ni ne s’épuise, et demeure toujours la même,parce qu’elle dépend d’une cause extérieure, toujours subsistanteet toujours agissante ?
La formation des premiers aimans me paraît donc bien démon-trée; mais la cause première du magnétisme, en général, lieuétoit pas mieux connue. Pour deviner ou même soupçonnerquelles peuvent être la cause ou les causes d’un effet particulier dela Nature, tel que le magnétisme, il falloit auparavant considérerles phénomènes, en exposant tous les faits acquis par l'expérienceet l'observation. Il falloit les comparer entre eux, et avec d’autresfaits analogues, afin de pouvoir tirer du résultat de ces comparai-sons les lumières qui dévoient nous guider dans la recherche desCauses inconnues et cachées : c’est la seule roule que l’on do;ve