3i4 HISTOIRE NATURELLE.
Nous devons ajouter à ces faits un autre fait qui démontre pa-iement que la résidence fixe ainsi que la direction décidée de laforce magnétique ne dépendent, dans le fer et l’aimant, que dela situation constante de leurs parties dans le sens où elles ontreçu cette force : le fer n’acquicrt de iui-mêipe la vertu magné-tique, et l’aimant ne la communique au fer , que dans une seuleet même direction ; car si l’on aimante un fil de fer selon sa lon-gueur , et qu’ensuile on le plie de manière qu’il forme des angleset crochets, il perd dès-lors sa force magnétique, parce que la di-rection n’est pas la même, et que la situation des parties a étéchangée dans les plis qui forment ces crochets; les pôles des di-verses parties du fer se trouvent alors situés , les uns relativementaux autres, de manière à diminuer ou détruire mutuellementleur vertu, au lieu de la conserver ou de l’accroître : et non-seu-lement la forte magnétique se perd dans ces parties angulaires,mais même elle ne subsiste plus dans les autres parties du fil defer qui n’ont point été pliées; car le déplacement des pôles et lechangement de direction occasionés par les plis suffisent pourfaire perdre cette force au fil de fer dans tonte son étendue.
Mais si l’on passe un fil de fer par la filière, dans le même sensqu’il a étéaimanté, il conservera sa vertu magnétique, quoique lesparties constituantes aient changé de position en s’éloignant lesunes des autres, et que toutes aient concouru, plus ou moins, àl’allongement de ce fil de fer parleur déplacement; preuve évi-dente que la force magnétique subsiste ou s'évanouit, selon que ladirection se conserve la même lorsque le déplacement se faitdan»le même sens, ou que cette direction devient différente lorsque ledéplacement se fait dans un sens opposé.
On peut considérer un morceau de fer ou d’acier comme unemasse de limaille, dont les particules sont seulement plus rappro-chées et réunies de plus près que dans le bloc de limaille compri-mée : aussi finit-il un violent mouvement, tel que celui d’uneflexion forcée, ou d’une forte percussion, pour détruire la forcemagnétique dans le fer ou l’acier par le changement de la situa-tion respective de leurs parties; au lieu qu’en donnant un coupassez léger sur la masse de la limaille comprimée, on fait éva-nouir à l’instant la force magnétique , parce que ce coup suffitpour changer la situation respective de toutes les particules de lalimaille.
Si l’on ne passe qu’une seule fois une lame de fer ou d’acier surl’aimant, elle ne reçoit que très-peu de force magnétique par cepremier frottement ; mais, en le réitérant quinze ou vingt fois,