DES ANIMAUX. 583
en effet que les parties organiques vivantes de la nourriture, exis-tent non-seulement dans les liqueurs séminales des deux sexes etdans le résidu de la nourriture qui s’attache aux dents, maisqu’on les trouve aussi dans le chyle et dans les excrémens. Jjeeu-wenhoeck, les ayant rencontrés clans les excrémens des grenouilleset de plusieurs autres animaux qu’il clisséquoit, en fut d’abord fortsurpris, et ne pouvant concevoir cl’où venoient ces animaux quiétaient entièrement semblables à ceux des liqueurs séminales qu’ilvenoit d’observer, il s’accuse lui-même de maladresse, et dit qu’ap-paremment en disséquant l’animal il aura ouvert avec le scal-pel les vaisseaux qui contenoient la semence, et qu’elle se serasans doute mêlée avec les excrémens : mais ensuite les ayant trou-vés dans les excrémens de quelques autres animaux, et mêmedans les siens, il ne sait plus quelle origine leur attribuer. J’ob-serverai que Leeuwenhoeck ne les a jamais trouvés dans ses excré-mens que quand ils étaient liquides : toutes les fois que son esto-mac ne faisoit pas ses fonctions et qu'il étoit dévoyé, il y trouvoitde ces animaux; mais lorsque la coction de la nourriture se fai-soit bien , et que les excrémens étaient durs, il n’y en avoit au-cun , quoiqu’il les délayât avec de l’eau; ce qui semble s’accorderparfaitement avec tout ce que nous avons dit ci-devant : car ilest aisé de comprendre que, lorsque l’estomac et les intestins fontbien leurs fonctions, les excrémens ne sont que le marc de lanourriture, et que tout ce qu’il y avoit de vraiment nourrissantet d’organique est entré dans les vaisseaux qui servent à nourrirl’animal; que par conséquent on ne doit point trouver alors deces molécules organiques dans ce marc, qui est principalementcomposé des parties brutes de la nourriture et des excrémens ducorps, qui ne sont aussi que des parties brutes ; au lieu que sil’estomac et les intestins laissent passer la nourriture sans la digé-rer assez pour que les vaisseaux qui doivent recevoir ces molé-cules organiques puissent les admettre, où bien, ce qui est en-core plus probable, s’il y a trop de relâchement ou de tensiondans les parties solides de ces vaisseaux, et qu’ils ne soient pasdans l’état où il faut qu’ils soient pour pomper la nourriture,alors elle passe avec les parties brutes, et on trouve les moléculesorganiques vivantes dans les excrémens : d’où l’on peut conclureque les gens qui sont souvent dévoyés doivent avoir moins deliqueur séminale que les autres , et que ceux au contrairedont les excrémens sont moulés et qui vont rarement à la garde-robe sont les plus vigoureux et les plus propres à la génération.
Dans tout ce que j'ai dit jusqu’ici, j’ai toujours supposé que la