DES ANIMAUX. 621
D’ailleurs nous cotmoissons des animaux qui ne sont pointnécessités de respirer notre air; il y en a qui vivent dans la ma-chine pneumatique. Enfin Théophraste et Aristote ont cru quecertaines plantes et quelques animaux s'engendrent d’eux-mêmes,sans germe, sans semence, sans la médiation d’aucun agent ex-térieur ; car on ne peut pas dire, selon la supposition de Gassendi et de Lister, que les insectes du cadavre de notre hydropiqueaient été fournis par les animalcules qui circulent dans l’air , nipar les œufs qui peuvent se trouver dans les alimens , ou par desgermes préexistans qui se sont introduits dans son corps pendantla vie, et qui ont éclos et se sont multipliés après sa mort.
Sans nous arrêter , pour rendre raison de ce phénomène, àtant de systèmes incomplets de ces philosophes, étayons nos idéesde réflexions physiques d’un savant naturaliste qui a porté, dansce siècle, le flambeau de la science dans le chaos de la Nature.Les élémens de notre corps sont composés de particules similaireset organiques, qui sont tout à la fois nutritives et productives ;elles ont une existence hors de nous , une vertu intrinsèqueinaltérable : en changeant de position, de combinaison et deforme, leur tissu ni leur masse ne dépérissent point ; leurs pro-priétés originelles ne peuvent s’altérer : ce sont de petits ressortsdoués d’une force active, en qui résident les principes du mou-vement et de la vitalité, qui ont des rapports infinis avec toutesles choses créées, qui sont susceptibles d’autant de changemenset de résidtats divers qu’ils peuvent être mis en jeu par des causesdifférentes. Notre corps n’a d’adhérence à la vie qu’autant queces molécules organiques conservent dans leur intégrité leursqualités virtuelles et leurs facultés génératives, quelles se tiennentarticulées ensemble dans une proportion exacte, et que leurs.ac-tions rassemblées concourent également au mécanisme général ;car chaque partie de nous-mêmes est un tout parfait, qui a uncentre où son organisation se rapporte, et d’où son mouvementprogressif et simultané se développe, se multiplie et se propagedans tous les points de la substance.
Nous pouvons donc dire que ces molécules organiques, tellesque nous les représentons , sont les germes communs, les se-mences universelles de tous les règnes, et qu’elles circulent etsont déterminées en tout lieu : nous les trouvons dans les alimensque nous prenons ; nous les humons à chaque instant avec l’airque nous respirons : elles s’ingèrent et s’incorporent en nous;elles réparent par leur établissement local, lorsqu’elles sont dansune quantité suffisante, les déperditions de notre corps; et en