688 HISTOIRE NATURELLE
très, et dans ce cas il pourra vivre : au contraire, s'il ne venoitau monde que par la foiblesse de la matrice qui n’auroit pu ré-sister au coup du sang dans cette huitième révolution, l'accou-chement seroit regardé comme une fausse couche, et l’enfant nevivroit pas. Mais ces cas sont rares; car si le foetus a résisté auxsept premières révolutions, il n’y a que des accidens 2>articuliersqui puissent faire qu’il ne résiste pas à la huitième, en supposantqu’il n’ait pas acquis plus de force et de vigueur qu’il n’en a or-dinairement dans ce temps. Les fœtus qui n’auront acquis qu’unpeu plus tard ce même degré de force et de vigueur plus grandeviendront au monde dans le temps de la neuvième période; etceux auxquels il faudra le temps de neuf mois pour avoir celtemême force viendront à la dixième période, ce qui est le termele plus commun et le plus général : mais lorsque le foetus n’aurapas acquis dans ce temps de neuf mois ce même degré de perfec-tion et de force , il pourra rester dans la matrice jusqu’à la on-zième et même j usqu’à la douzième période, c’est-à-dire, ne naîtrequ’à dix ou onze mois, comme on en a des exemples.
Cette opinion, que ce sont les menstrues qui sont la cause oc-casionelle de l’accouchement en différens temps, peut être con-firmée par plusieurs autres raisons que je vais exposer. Les fe-melles de tous les animaux qui n’ont point de menstrues met-tent bas toujours au même terme à très-peu près ; il n’y a jamaisqu’une très-légère variation dans la durée de la gestation ; onpeut donc soupçonner que cette variation qui dans les femmes estsi grande vient de l’action du sang qui se fait ^sentir à toutes lespériodes.
Nous avons dit que le placenta ne tient à la matrice que parquelques mamelons ; qu’il n’y a de sang ni dans ces mamelons nidans les lacunes où ils sont nichés, et que quand on les en sépare,ce qui se fait aisément et sans effort, il ne sort de ces mamelonset de ces lacunes qu’une liqueur laiteuse : or comment se fait-ildonc que l’accouchement soit toujours suivi d’une hémorragie,même considérable, d’abord de sang assez pur, ensuite de sangmêlé de sérosités, etc. ? Ce sang ne vient point de la séparationdu placenta ; les mamelons sont tirés hors des lacunes sans au-cune effusion de sang, puisque ni les uns ni les autres n’en con-tiennent. L’accouchement, qui consiste précisément dans cetteséparation, ne doit donc pas produire du sang. Ne peut-on pascroire que c’est au contraire l’action du sang qui produit l’accou-chement? et ce sang est celui des menstrues, qui force les vais-seaux dès que la matrice est vide, et qui commence à couler