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confirmer ou infirmer ces fiiits , dont je douterais moins si cetauteur n’en eût pa9 avancé un très-grand nombre d’autres quise trouvent démentis, ou directement opposés aux choses les plusconnues et les mieux constatées. Je ne prendrai la peine de citerici que les monumens des Mexicains et des Péruviens, dont ilnie l'existence, et dont néanmoins les vestiges existent encore etdémontrent la grandeur et le génie de ces peuples, qu’il traitecomme des êtres stupides, dégénérés de l’espèce humaine, tantpour le corps que pour l'entendement. Il paraît que M. P. avoulu rapporter à cette opinion tous les faits ; il les choisit danscette vue. Je suis fâché qu’un homme de mérite, et qui d’ailleursparaît être instruit, se soit livré à cet excès de partialité dans sesjugemens, et qu’il les appuie sur des faits équivoques. N'a-t-il pasle plus grand tort de blâmer aigrement les voyageurs et les natu-ralistes qui ont pu avancer quelques faits suspects, puisque lui-même en donne beaucoup qui sont plus que suspects ? 11 admet etavance ces faits, dès qu’ils peuvent favoriser son opinion; il veutqu’on le croie sur sa parole et sans citer des garans : par exemple,sur ces grenouilles qui beuglent, dit-il, comme des veaux; surla chair de l’iguane, qui donne le mal vénérien à ceux qui lamangent ; sur le froid glacial de la terre à un ou deux pieds deprofondeur, etc. Il prétend que les Américains en général sontdes hommes dégénérés; qu’il n’est pas aisé de concevoir que desêtres au sortir de leur création puissent être dans un état de dé-crépitude ou de caducité, et que c’est là l’état des Américains ;qu’il n’y a point de coquilles ni d’autres débris de la mer sur leshautes montagnes, ni même sur celles de moyenne hauteur;qu’il n’y avoit point de boeufs en Amérique avant sa découverte;qu’il n’y a que ceux qui n’ont pas assez réfléchi sur la constitutiondu climat de l’Amérique , qui ont cru qu’on pouvoit regardercomme très-nouveaux les peuples de ce continent ; qu’au-delà duquatre-vingtième degré de latitude, des êtres constitués commenous ne sauraient respirer pendant les douze mois de l’année, àcause de la densité de l’atmosphère; que les Patagons sont d’unetaille pareille à celle des Européens, etc. Mais il est inutile de faireun plus long dénombrement de tous les faits faux ou suspects quecet auteur s’est permis d’avancer avec une confiance qui indis-posera tout lecteur ami de la vérité.
L’imperfection de nature qu’il reproche gratuitement à l’Amé rique en général ne doit porter que sur les animaux de la partieméridionale de ce continent, lesquels se sont trouvés bien plus
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