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Tome cinquième.
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533 HISTOIRE NATURELLE

petits, et tous diiïérens de ceux des parties méridionales de lan-cien continent.

« Et cette imperfection, comme le dit très-bien le judicieuxetéloquent auteur de l 'Histoire des deux Indes, ne prouve pas lanouveauté de cet hémisphère, mais sa renaissance; il a êtrepeuplé dans le même temps cpie 1 ancien , mais il a pu être sub-mergé plus tard. Les ossemens d'éléphans, de rhinocéros, quelon trouve en Amérique , prouvent que ces animaux y ont au-trefois habité. »

11 est vrai quil y a quelques contrées de lAmérique méridio-nale , surtout dans les parties basses du continent, telles que laGuiane, lAmazone , les terres basses de l'isthme, etc., les na-turels du pays paroissent être moins robustes que les Européens:niais cest par des causes locales et particulières. A Carthagène ,les habitaus, soit indiens, soit étrangers, vivent, pour ainsi dire,dans un bain chaud pendant six mois de lété ; une transpirationtrop forte et continuelle leur donne la couleur pâle et livide desmalades. Leurs mouveinens se ressentent de la mollesse du cli-mat , qui relâche les libres. On sen aperçoit même par les parolesqui sortent de leur bouche à voix basse et par de longs et fré-quens intervalles. Dans la partie de l'Amérique située sur les bordsde lAmazone et du Napo, les lènunes ne sont pas fécondes, et leurstérilité augmente lorsquon les lait changer de climat ; elles sefont néanmoins avorter assez souvent. Les hommes sont foibles.et se baignent trop fréquemment pour pouvoir acquérir desforces. Le climat nest pas sain, et les maladies contagieuses y sontfréquentes. Mais on doit regarder ces exemples comme des excep-tions, ou, pour mieux dire, des dillérences communes aux deuxcontinens; car, dans lancien, les hommes des montagnes et descontrées élevées sont sensiblement plus loris que les habitans descotes et des autres terres basses. En général, tous les habitans delAmérique septentrionale, et ceux des terres élevées dans la par-tie méridionale, telles que le Nouveau-Mexique , le Pérou , leChili , etc. , étoient des hommes peut-être moins agissans, maisaussi robustes que les Européens. Nous savons par un témoignagerespectable, par le célèbre Franklin, quen vingt-huit ans la po-pulation, sans secours étrangers, sest doublée à Philadelphie . Jaidonc bien de la peine à me rendre à une espèce dimputation queM. Kahn fait à celte heureuse contrée : il dit qu a Philadelphie oncroiroit que les hommes ny sont pas de ta même nature que lesE uiopéeiii.