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Tome cinquième.
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DE L'HOMME. 345

feuille de figuier. Les hommes portent leur manteau ouvert; lesfemmes le lient autour de la ceinture avec une courroie : mais,quoiquelles soient à peu près nues, elles ont un grand désir deparoilre belles. Elles peignent leur visage, les parties voisines desyeux, communément en blanc, et le reste en lignes horizontalesrouges et noires ; mais tous les visages sont peints différemment.

Les hommes et les femmes portent des bracelets de grains, telsquils peuventles faire avec de petites coquilles et des os : les femmesen ont un au poignet et au bas de la jambe , les hommes au poi-gnet seulement.

Il paroit quils se nourrissent de coquillages : leurs côtes sontnéanmoins abondantes en veaux marins ; mais ils nont pointdinstrumens pour les prendre. Leurs armes consistent en un arcet des llèches qui sont dun bois bien poli, et dont la pointe est decaillou.

Ce peuple paroit être errant, car auparavant on avoit vu deshuttes abandonnées; et dailleurs les coquillages étant une foisépuisés dans un endroit de la côte, ils sont obligés daller sétablirailleurs : de plus, ils nont ni bateaux, ni canots, ni rien de sem-blable. En tout ces hommes sont les plus misérables et les plusstupides des créatures humaines ; leur climat est si froid, que deuxEuropéens y ont péri au milieu de lété. »

On voit, par ce récit, quil fait bien froid dans cette Terre-de-Feu, qui na été ainsi appelée que par quelques volcans quon ya vus de loin. On sait dailleurs que lon trouve des glaces dansces mers australes dès le 47 e . degré en quelques endroits, et en gé-néral on ne peut guère douter que l'hémisphère austral ne soitplus froid que le boréal, parce que le soleil y fait un peu moinsde séjour, et aussi parce que cet hémisphère austral est composéde beaucoup plus deau que de terre, tandis que notre hémis-phère boréal présente plus de terre que d'eau. Quoi quil en soit,ces hommes de la Terre-de-Feu, lon prétend que le froid estsi grand et ils vivent plus misérablement quen aucun lien dumonde, nont pas perdu pour cela les dimensions du corps; etcomme ils n'ont dautres voisins que les Patagons, lesquels, dé-duction faite de toutes les exagérations, sont les plus grands detous les hommes connus, on doit présumer que ce froid du con-tinent austral a été exagéré, puisque ses impressions sur lespècehumaine ne se sont pas marquées. Nous avons vu, par les obser-vations citées précédemment, que dans la Nouvelle-Zemble , quiest de 20 degrés plus voisine du pôle arctique que la Terre-de-Feu