DF. L'HOMME. 553
ail an sud tin continent assez étendu, il s’ensuivra qu’ils viennentde l'ouest. Néanmoins la langue est absolument différente clans laNouvelle-Hollande, qui est la terre la plus voisine à l’ouest de laZélande ; et comme cette langue clOtahili et des autres des de lamer Pacifique, ainsi que celle de la Zélande , ont plusieurs rap-ports avec les langues de l’Inde méridionale, on peut présumerque toutes ces petites peuplades tirent leur origine de l’archipelindien.
« Aucun des habitans de la Nouvelle-Hollande ne porte lemoindre vêtement, ajoute M. Cook; ilsparloient dans un langagesi rude et si désagréable, que Tupia, jeune Otahitien , n’y enten-doit pas un seul mot. Ces hommes de la Nouvelle-Hollande pa-roissent hardis; ils sont armés de lances et semblent s’occuper dela pèche. Leurs lances sont de la longueur de six à quinze pieds,avec quatre branches, dont chacune est très-pointue et armée
d’un os de poisson.En général, ils paraissent d’un naturel fort
sauvage , puisqu'on ne put jamais les engager à se laisser appro-cher. Cependant on parvint > pour la première fois, à voir quel-ques naturels du pays dans les environs de la rivière d 'Endeavour.Ceux-ci éloient armés de javelines et de lances, avoient les mem-bres d’une petitesse remarquable; ils étaient cependant d’unetaille ordinaire pour la hauteur. Leur peau était couleur de suieou de chocolat foncé. Leurs cheveux étaient noirs , sans être lai-neux, mais coupés court : les uns les avoient lisses , et les autresbouclés.... Les traits de leur visage notaient pas désagréables ; ilsavoient les yeux très-vils, les dents blanches et unies, et la voixdouce et harmonieuse, et répétaient quelques mots qu’on leurfaisoit prononcer avec beaucoup de facilité. Tous ont un trou faità travers le cartilage qui sépare les deux narines, dans lequel ilsmettent un os d’oiseau de près de la grosseur d’un doigt, et decinq ou six pouces de long. Ils ont aussi des trous à leurs oreilles,quoiqu’ils n’aient point de pendans; peut-être y en mettent-ils
qu’on n’a pas vus.Par après on s’est aperçu que leur peau n’é-
loit pas aussi brune qu’elle avoit paru d’abord; ce que l’on avoitpris pour leur teint de nature, n’étoit que l’effet de la poussièreet de la fumée, dans laquelle ils sont peut-être obligés de dormir,malgré la chaleur du climat, pour se préserver des mosquites,insectes très-incommodes. Ils sont entièrement nus, et paraissentêtre d’une activité et d’une agilité extrême.
«Au reste, la Nouvelle-Hollande.est beaucoup plus grande
qu’aucune autre contrée du inonde connu, qui ne porte pas le
Bujfon. 5.