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Tome cinquième.
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38a HISTOIRE NATURELLE,

sera arrivé treize on quatorze fois de la même façon, nous avonsdéjà lin degré de probabilité égal à la certitude morale, quil ar-rivera de même une quinzième fois, et de ce point nous pouvonsbientôt franchir un intervalle immense, et conclut-" par analogieque cet effet dépend des lois générales de la Nature, quil est parconséquent aussi ancien que tous les autres effets, et quil y a cer-titude physique quil arrivera toujours comme il est toujours ar-rivé, et quil ne lui manquoit que davoir été observé.

Dans les hasards que nous avons arrangés, balancés, calculésnous-mêmes, on ne doit pas dire que nous ignorons les causesdes efiêts : nous ignorons, à la vérité, la cause immédiate de cha-que effet en particulier; mais nous voyons clairement la causepremière et générale de tous lès effets. Jignore, par exemple, etje ne peux njênie imaginer en aucune façon, quelle est la diffé-rence des mouvemers de la main, pour passer ou ne pas passerdix avec trois dés ; ce qui néanmoins est la cause immédiate delévénement : mais je vois évidemment par le nombre et la mar-que des dés, qui sont ici les causes premières et générales, queles hasards sont absolument égaux; quil est indifférent de parierquon passera ou quon ne passera pas dix : je vois de plus queces mêmes événemens, lorsquils se succèdent, nont aucune liai-son, puisquà chaque coup de dés le hasard est toujours le même,et néanmoins toujours nouveau ; que le coup passé ne peut avoiraucune influence sur le coup à venir ; que lon peut toujours pa-rier également pour ou contre; quenfïn plus long-temps onjouera, plus le nombre des effe's pour et le nombre des effetscontre approcheront de légalité : en sorte que chaque expériencedonne ici un produit tout opposé à celui des expériences sur leseffets naturels, je veux dire la certitude de linconstance au lieude celle de la constance des causes. Dans ceux-ci, chaque épreuveaugmente au double la probabilité du retour de leffet, cest-à-dire , la certitude de la constance de la cause : dans les effets duhasard , chaque épreuve, au contraire , augmente la certitude delinconstance de la cause, en nous démontrant toujours de plusen plus quelle est absolument versatile et totalement indifférenteà produire l'un ou lantre de ces effets.

Lorsquun jeu de hasard est, par sa nature, parfaitement égal,le joueur na nulle raison pour se déterminer à tel ou tel parti -car enfin de légalité supposée de ce jeu il résulte nécessairementquil ny a point de bonnes raisons pour préférer lun ou l'autreparti; et par conséquent, si lon délibéroil, lon ne pourroitêtre déterminé que par de mauvaises raisons : aussi la logique dso