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Tome cinquième.
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38* HISTOIRE NATURELLE.

numéros gagnans, si lon observe ceux qui ont le plus souventgagné pendant un an, deux ans , trois ans de suite, on peut endéduire, avec raison, que ces mêmes numéros gagneront encoreplus souvent que les autres; car, de quelque manière que lonpuisse varier le mouvement et la position des instrumens dusort, il est impossible de les rendre assez parfaits pour maintenirlégalité absolue du hasard ; il y a une certaine routine à faire, àplacer, à mêler les billets, laquelle, dans le sein même de la con-fusion, produit un certain ordre, et fait que certains billets doi-vent sortir plus souvent que les autres. Il en est de même de lar-rangement des cartes à jouer ; elles ont une espèce de suite, donton peut saisir quelques termes à force dobservations : car, en lesassemblant chez louvrier, on suit une certaine routine; le joueurlui-même , en les mêlant, a sa routine; le tout se fait dune cer-taine façon plus souvent que dune autre; et dès-lors l'observa-teur attentif aux résultats recueillis en grand nombre parieratoujours avec grand avantage quune telle carte, par exemple,suivra telle autre carte. Je dis que cet observateur aura un grandavantage, parce que, les hasards devant être absolument égaux,la moindre inégalité, cest-à-dire, le moindre degré de probabi-lité de plus, a de très-grandes influences au jeu, qui nest en lui-même quun pari multiplié et toujours répété. Si cette diffé-rence reconnue par lexpérience de la pente du hasard étoil seu-lement dun centième, il est évident quen cent coups lobserva-teur gagneroit sa mise, cest-à-dire, la somme quil hasarde àchaque fois; en sorte quun joueur muni de ces observations mal-honnêtes ne peut manquer de ruiner à la longue tous ses adver-saires. Mais nous allons donner un puissant antidote contre lemal épidémique de la passion du jeu, et en même temps quelquespréservatifs contre lillusion de cet art dangereux.

XI1. On sait en général que le jeu est une passion avide, dontlhabitude est ruineuse; mais cette vérité na peut-être jamais étédémontrée que par une triste expérience sur laquelle on na pasassez réfléchi pour se corriger par la conviction. Un joueur dontla fortune , exposée chaque jour aux coups du hasard, se minepeu à peu et se trouve enfin nécessairement détruite, nattribueses pertes quà ce même hasard quil accuse dinjustice; il regretteégalement et ce quil a perdu, et ce quil na pas gagné; laviditéet la fausse espérance lui faisoientdes droits sur le bien dautrui;aussi humilié de se trouver dans la nécessité quaffligé de navoirplus moyen de satisfaire sa cupidité , dans son désespoir il s enprend à son étoile malheureuse ; il nimagine pas que celte