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Tome onzième.
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DE LOTSEAU-MOUCIIE. jjt?

Et pour le volume, les petites espèces cle ces oiseaux sont au-des-sous de la grande mouche asile ( le taon ) pour la grandeur, et dubourdon pour la grosseur. Leur bec est une aiguille fine, et leurlangue un fil délié ; leurs petits yeux noirs ne paroissent quedeux points brillans; les plumes de leurs ailes sont si délicates,quelles en paroissent transparentes. A peine aperçoit-on leurspieds, tant ils sont courts et menus : ils en font peu dusage; ilslie se posent que pour passer la nuit, et se laissent, pendant lejour, emporter dans les airs. Leur vol est continu , bourdonnantet rapide. Marcgrave compare le bruit de leurs ailes à celui dunrouet, et l'exprime par les syllabes hour, hour, hour. Leur bat-tement est si vif, que loiseau, sarrêtant dans les airs, paroît non-seulement immobile, mais tout-à-fait sans action. On le voit sar-rêter ainsi quelques instans devant une fleur, et partir commeun trait pour aller à une autre. Il les visite toutes, plongeant sapetite langue dans leur sein , les flattant de ses ailes, sans jamaissy fixer, mais aussi sans les quitter jamais ; il ne presse ses incons-tances que pour mieux suivre ses amours et multiplier ses jouis-sances innocentes : car cet amant léger des fleurs vit à leurs dé-pens sans les flétrir; il ne fait que pomper leur miel, et cest à cetusage que sa langue paroît uniquement destinée. Elle est com-posée de deux fibres creuses , formant un petit canal, divisé aubout en deux filets; elle a la forme dune trempe, dont elle laitles fonctions : loiseau la darde hors de son bec, apparemmentpar un mécanisme de los hyoïde, semblable à celui de la languedes pics; il la plonge jusquau fond ducalice des fleurs pour en ti-rer les sucs. Telle est sa manière de vivre, daprès touslesautenrsqui en ont écrit. Ils nont eu quun contradicteur, cest M. Ba-dier, qui, pour avoir trouvé dans lœsophage dun oiseau-mouchequelques débris de petits insectes, en conclut quil vit de ces ani-maux , et non du suc des fleurs. Mais nous ne croyons pas devoirfaire céder une multitude de témoignages authentiques à une seuleassertion, qui même paroît prématurée. En effet, que loiseau-mouche avale quelques insectes , s'ensuit-il quil en vive et s'ennourrisse toujours? et ne semble-t-il pas inévitable quen pom-pant le miel des fleurs, ou recueillant leurs poussières, il en-traîne en même temps quelques-uns des petits insectes qui sytrouvent engagés? Au reste, la nourriture la plus substantielleest nécessaire pour suffire à la prodigieuse vivacité de loiseau-mouche , comparée avec son extrême petitesse ; il faut bien desmolécules organiques pour soutenir tant de force dans de si foi-