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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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31 L’ITALIE .

liviers et de myrtes, ses grottes, sesruines, ses précipices et ses blanchesmaisons, autour desquelles se grou-pent des massifs d’orangers, ses cas-cades si belles après un jour de pluie,méritent .l'éloge qu’en faisait Bocacelorsqu’il la citait comme une des plusdélicieuses contrées de l’Italie .

Autrefois république puissante dumoyen âge, célèbre par ses armes etpar son commerce en Orient, qui ri-valisait avec celui de Venise, Amalfi vante la plus haute antiquité, quoiqueles historiens ne la fassent pas remon-ter au delà du troisième siècle, en enattribuant la fondation aux famillesromaines fuyant la persécution desGoths . Mais laissant à part les fables,dont tout peuple ne manque pas d’en-tourer son origine, citons les titres queses liabitans ont véritablement à lagloire. Déjà riches et puissans à l’épo-que des Croisades , ils aident de leursarmes et de leurs vaisseaux, qui cou-vraient les mers , les chrétiens quivolent à la conquête du saint sépul-cre ; en 1020, nous les voyons fondercet ordre de religieux hospitaliers, de-venu depuis l’ordre de Malte; sacca-gée en 1135, c’est dans leur ville quel’on retrouve les Pandectes de Justi-nien ; enfin, en i3o2, un Amalfitain ,Flavio Gioja , invente la boussole.

Son code maritime servit long-tempsde règle aux autres nations , et encoreaujourd’hui forme la base de la juris-prudence de mer.

Sa sagesse et sa puissance ne la pré-servèrent pas du joug. Elle fut con-quise par Roger, duc de Calabre , dontelle avait excité la jalousie, et pilléedeux fois par les Pisans. Ce fut cetteseconde attaque qui compléta la ruined’une ville peuplée de cinquante millehabitans, et surnommée la reine desmers.

Aujourd'hui sans splendeur, ellen’est citée que pour ses fabriques demacaroni , le meilleur du royaume,et ses papeteries. Son sol ne produitpas de quoi l’alimenter, l’on doit re-courir à Salerne ; ce qui, dans les tempsde bourrasque, rend très-précaires sesapprovisonnemens, car la route parterre est impraticable aux voitures.Entre ses deux cascades est une fon-derie où se travaille le fer qu’on tire del'ile d’Elbe.

La porte de la mer paraît être fortancienne; la cathédrale, grand et belédifice qui renferme les reliques desaint André, s’élève fièrement sur lesruines d’un ancien temple payen. Nousvîmes un vase antique de porphyre ser-vant de baptistère, et deux belles co-lonnes de granit rouge d’Orient. Lescolonnes qui ornentle maître-autel sontégalement antiques. Sur le mur de l’é-glise, dans un endroit obscur, est unbas-relief dont la sculpture, évidem-ment grecque, est fort belle : il repré-sente la Discorde sous les traits d’unefemme assise dans un char traîné pardesserpens, et chassant devant elle ungroupe de figures, parmi lesquelles ondistingue Cérès ; ce char est précédépar un autre que traînent des chevaux,et que guide un homme âgé sous lestraits de Pluton . On nous engagea àdescendre sous la cathédrale pour voirun crypte, supposé avoir fait partied’un temple payen, et orné de joliespeintures probablement appartenantesà l’école florentine , et une statue enbronze de saint André.

Sur une hauteur auprès de la villeest un ancien fort bâti par les Ro-mains, d’où l’on jouit d’un point de vueadmirable. Plus haut encore est une an-cienne église, qui ne contient rien deremarquable qu’une colonne de marbrecipolin avec son chapiteau corinthien*