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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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VOYAGE DE LIVOURNE A MATEES.

ROYAUME DE NAPLES-

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Tout est solennel dans un voyagedont la mer marque les premiers pas !Une sorte de fièvre, un mélange confusde vifs regrets, vient ébranler la réso-lution la plus ferme ; que de choses ré-sume ce mot : «Adieu, je vous reverraipeut-être ! »

Mais il est trop tard pour s’aban-donner à de tristes réflexions, ellesviennent se briser contre la nécessité;il faut partir. L’heure sonne, la fumées'élève noire et épaisse, la vapeur faitretentir les conduits, les roues s’ébran-lent, impatientes qu’elles sont de bat-tre l’eau. Adieu, je quitte Livourne , sonport, son commerce florissant, sesfemmes séduisantes, ses juifs et toutce qu’elle renferme.

Le bateau à vapeur sur lequel jepars est le Francesco Primo , un desplus beaux, le plus gros surtout deceux qui sont sur l’échelle de Naples .Son salon est meublé avec luxe, unbeau tapis, de larges glaces ; l’on secroit dans un élégant salon de Paris .La société la mieux choisie complètel’illusion.

Des jeunes gens enthousiastes par-lent déjà avec feu de tout ce que vadérouler à leurs yeux cette terre clas-N.

sique. Une lorgnette au poing, quel-ques-uns ne quittent pas le pont; d’au-tres , couchés dans leur cabine, payentà leur premier voyage maritime unrude tribut. Demain seulement j’auraipu apercevoir tous mes compagnons devoyage, au nombre de cent cinquanteà deux cents.

Il n’y a que quelques heures quenous sommes en mer, et déjà noussommes loin, bien loin. Nous fuyonsavec une rapidité inconcevable. Bien-heureuse invention des bateaux à va-peur, de combien d’heures d’impatienceet d’ennui tu nous sauves !

Je ne vous peindrai pas tous les jolisminois anglais qui voguent avec nous,il y aurait de quoi tourner mille têtesmoins ardentes que la mienne.

Parmi les personnes qui m’entou-rent , j’ai remarqué un jeune homme;il se tient à l’écart, et prend souventdes notes ; au premier aspect, sa figuremaîtrise sans attirer, son sourire estfroid et mélancolique; il semble fuirune pensée fatale et opiniâtre : s’ilparle, cen’estjamaisque d’une existenceantérieure ; il a des manières éléganteset recherchées, et cette franche ru-desse d’un homme qui a l’habitude des

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