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saient remarquer les laves auxquellesils donnaient les dates qu’ils voulaient,certains que nous ne pourrions véri-fier l’authenticité de leurs assertions.11 est évident qu’il y en a qui reposentlà depuis des siècles, mais on recon-naît aisément les plus récentes; ellesne laissent voir à leur superficie quedes scories ferrugineuses, de la couleuret de la forme du mâchefer : au houtd’un siècle, cette calcination commenceà n’être plus si aigre, elle se couvred’abord de mousse qui se corrompt,se régénère et se change en poussière;bientôt y paraissent le genêt, la la-vande et d’autres végétaux, puis enfindes arbustes qui deviennent des ar-bres, ou bien une autre lave vient re-couvrir cette matière. Les vapeursmofitiques, peut-être même les éma-nations électriques si abondantes dansle voisinage des volcans, accélèrentencore, l’accroissement des plantes, endonnant de lame et de la force à la vé-gétation, il n’est pas douteux qu’il nefaille une immense suite de sièclespour convertir en terre des matièresfondues et vitrifiées, et d’une si grandedureté. Mais les acides sulfureux etmarins, qui s’élèvent en si grandeabondance du sein des volcans, et quiont la propriété d’attirer et de conver-tir en terre les laves et les basaltes,peuvent occasioner quelquefois unedécomposition très-rapide dans lesmatières volcanisées, et, de stérilesqu’elles étaient, elles deviennent alorsun sol productif, le plus propre audéveloppement des végétaux.
La route s’avance presque en lignedroite, de la ville, vers le côté du cônequi regarde le nord, jusqu’à ce qu’ellearrive au Piano delle Gineslve.
Ce Piano, jadis couvert d’arbustestoujours verts, de buissons et de ge-nêts, où souriait un printemps perpé-
tuel , n’est plus maintenant qu’uneétendue déserte, où l’on ne voit autrechose que les surfaces écumeuses devastes courans de lave, qui se sontcroisés l’un sur l’autre, et qui sont ve-nus s’y entasser en masse et y for-mer des coteaux. On emploie à peuq>rès une heure pour y arriver, et lechemin, à l’exception d’un petit nom-bre d’endroits d’où l’on aperçoit, àtravers quelques jours, et parmi lesvignes qui sont très-serrées, de bellesvues de Naples et de ses environs, esttout-à-fail dépourvu d’intérêt.
C’est ainsi qu’en causant avec monsavant abbé, qui chevauchait à côtéde moi, tandis que le duc, Edouard etla belle duchesse s’occupaient de toutautre chose, nous atteignîmes l’errni-tage de San-Salvatore (pl. 3g). Cetermitage est placé sur une petite plate-forme, à l’extrémité occidentale dufaîte de Canteroni; il date probable-ment de i63i. L’édifice contient unechapelle et quelques chambres àl’usage d’un ermite qui n’est pastoujours un religieux, puisqu’il y après de quarante ans, dit M. Valéry,un de ces ermites, mort très-vieux,était un ancien valet de chambre demadame de Pompadour.
Là, nous fîmes halte, et, grâce à no-tre prévoyance et aux soins de nos gens,nous eûmes en peu d’inslans un excel-lent déjeuner, qui ranima nos forces etnous mit en état de poursuivre notrecourse. L’ermite nous présenta sonlivre, e.t nous satisfîmes à l’usage quiest d’y inscrire son nom.
Une fois lestés, nous nous remîmesen route, laissant l’ermitage à gauche;le chemin suit en longeant la Somma ,mamelon au nord de celui du Vésuve .Entre les deux montagnes est situéYAtrio delCavallo , ainsi nommé, par-ce qu’avant i63o c’était l’endroit où