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ne produisit pas, comme la premièrefois, cette vapeur sulfureuse, maisil s’en exhala une odeur infecte, quioccasionait de violentes douleurs detète. Ces laves parurent embraséesjusqu’au 25, que leur surface devintnoire, et pendant plus d’un mois , ellesconservèrent encore assez de chaleurpour mettre le feu à un bâton qu’ony enfonçait. Serrao évalue la quantitéde matières sorties du volcan, pendantces vingt-deux jours, à 31g,658,i61pieds cubes , équivalant à une lieue etdemie carrée, ou bien à une montagnedont toutes les dimensions seraientégales , et auraient six cent quatre-vingt-trois pieds.
Le Vésuve se reposa quatorze ans,jusqu’en 1761 , cpi’eut lieu sa vingt-troisième éruption ( PI. 4* )• Le 22 oc-tobre , à cinq heures du matin, on en-tendit de fortes explosions du côté deBosco-Rcale ; le lendemain on ressentità Massa et à Naples des secousses detremblement de terre , enfin le 26 , lesflancs de la montagne s’enlr ouvrirentavec fracas du côté de Bosco-tre-Case.L’ancienne lave fut soulevée, et untorrent de matières liquides descenditdans la plaine et roula d’abord versce village, puis changeant de route, sedirigea vers le Mauro , traversant unedistance de quatre milles, ou deuxlieues, en huit heures, et dévastant toutsur son chemin. Elle combla un vallond'une largeur de quarante pieds , etd’une profondeur de soixante-cinq. Sixmois après, celte masse de lave avaitencore une chaleur violente et insup-portable , et il s’en exhalait une vapeurde soufre et de vitriol qui ôtait la res-piration.
Le 2 décembre 1754 , commença lavingt-quatrième éruption, elle durasix ans. Le Vésuve vomit presque con-tinuellement des laves. En 1760, ilN.
s’ouvrit au pied delà montagne, douzebouches à feu, avec des éclats sem-blables à des décharges d’artillerie ; lalave, après avoir parcouru quatre àcinq cents toises, s’arrêta le 23 dé-cembre ; le 28 , un autre ruisseau pritson cours sur la Torre , et le lendemains’arrêta à douzë pas de la mer ; mais lesémissions de fumée et de pierres necessèrent que le 7 janvier.
Cette éruption répandit dans l’atmosphère une vapeur si meurtrièreque la plupart de ceux qui la respi-raient périssaient en peu de jours. Lescadavres se couvraient de taches pour-prées , et l’autopsie découvrait le pou-mon et le ventricule droit du cœur pro-digieusement gonflés par la quantitéde sang qui s’y était porté, à peuprès de la même manière que chez lespersonnes asphixiées par la vapeur ducharbon.
Le chevalier Hamilton a fait la des-cription de l’éruption de 1767; envoici l’abrégé :
Il s’était formé, dans une petiteplaine ressemblant à la Solfatara, unmonticule de la hauteur de i85 jneds ,qui servait de cheminée principale auvolcan. Du sommet de ce monticule ,jaillissait une fuméenoire etsi épaisse,qu’elle ne paraissait sortir qu’avec dif-ficulté : on voyait les nuages s’éleverles uns sur les autres en mouvementspiral et rapide, et à tout moment degrosses pierres étaient lancées à unehauteur considérable. Celte colonnede fumée fut portée jusques à Capri .Déjà la lave était parvenue au vallon ,lorsque la nuit vint encore ajouter sonobscurité à cette scène d’horreur. Uneviolente détonation se fit entendre, et,lorsque le jour parut, on découvritque la montagne setait ouverte depuisle sommet jusqu’à son milieu, et que ,de cette nouvelle bouche sortait une
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