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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

pas y rattacher le souvenir des ou-vrages de ce célèbre orateur, et lesgrandes époques historiques qui ontillustré et sa vie et sa mort.

Ces portiques s’élevaient au milieude magnifiques jardins qui touchaientd’un côté à la ville de Pouzzoles , et seprolongeaient en amphithéâtre pen-dant une demi-lieue en face de Baïa.L’horizon est coupé par les îles, dontles formes se dessinent irrégulièrementsur un ciel toujours hleu. Au couchant,le promontoire de Misènes et les châ-teaux de Baïa, et vers l’Orient, dansle lointain, les montagnes de Sorrentose réfléchissant dans les vagues. Telest ce tableau, sur lequel Cicéron éten-dait sa vue lorsqu’il se promenait sousses vastes portiques, méditant desécrits immortels, et qu’il composaitses foudroyantes Catilinaires. Aujour-d’hui tout est en ruines ; le nom seul deCicéron a survécu , et sauve ce lieu del’oubli. Nulle trace du tombeau d’A-drien, qui, mort à Baïa, fut ensevelisur celte côte. Combien j’étais heureuxde me trouver avec l’ahbé ; sans lui,obligé de prendre un cicerone ignorant,j’aurais erréà tâtonsau milieu de toutesces ruines. Ne pouvant citer juste; ceshommes vous jettent un nom au hasard,et l’erreur se propage ; l’étranger, quin’a ni le temps ni le goût de se livreraune recherche approfondie , adopte ceserreurs, encore heureux lorsqu’il ne lesmêle pas avec les contes les plus ab-surdes. Car il y en a qui, de la meil-leure foi du monde, vous disentqu’Énée était un général romain qui serévolta contre le roi; que Virgile étaitun magicien, capitaine dans ses ar-mées; ils montrent jusqu’à l’endroit oùce poète disait sa messe. L’abbé, pleind’érudition, archéologue consommé,antiquaire, chimiste, en un mot sa-vant, et surtout d’une complaisance à

toute épreuve, avait la bonté de meguider et de tout m’expliquer.

A la droite de la villa de Cicéron , surle haut d’une verdoyante colline quifait face à Bauli, sont des murs enbrique percés de niches et de fenêtres;ce sont là les ruines du temple deNeptune. Le corps principal étaittourné vers la route, et le portiquefaisait face à la mer. C’est de ce templeque parle Cicéron , lorsque, s’entrete-nant avec Lucullus sur les erreurs dessens, il lui dit : « Nous sommes àBauli, d’où nous voyons Pouzzoles , etcependant nous n’apercevons pas no-tre ami Aviano, qui peut-être se pro-mène sous les portiques du temple deNeptune. » C’était dans son enceintesacrée que les marins et les voyageursprêts à s’embarquer venaient déposerleurs offrandes, et invoquer le dieu del’élément auquel ils allaient se confier.

Auguste, partant de Pouzzoles pourla guerre contre Sextus Pompée , avantde mettre à la voile , offrit un sacrifice àNeptune; plus tard Caligula en fitautant.

Mon guide me fit admirer les deuxmurailles fortes et élevées de la par tie dunord, ainsi que leurs ornemens et leursniches, et les débris du portique dontparle Cicéron .

Dans notre fougue exploratrice, etd’une ruine à l’autre, nous aurions ou-blié que nous étions attendus, si nosestomacs ne nous en eussent fait sou-venir. Nous résolûmes donc d’aban-donner pour le moment ces lieux pleinsd’attraits, et nous tournâmes nos pasvers Pouzzoles, que Cicéron appelaitPuteolana et Cumana régna, où Borneentière accourait à ses bains, et quiétait le Spa de l’antiquité.

Pouzzoles (PI. 5o) est située dans lepays le plus beau, le plus curieux, leplus intéressant qui existe dans le