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L’Arco-Felice est sur la route quiconduit au lac Fusaro, autrefois PalusAcherusia, ou Aclierons en grec « Ma-rais de douleur. » La couleur bleue deses eaux et les vapeurs méphitiquesqui s’en exhalaient lui méritèrent cenom, et donnèrent lieu à la fiction despoètes, et surtout à celle de Virgile ,qui place là l’entrée des enfers. On atrouvé sur ses bords plusieurs tombeauxantiques.
.IIîc inferni janua Regis
Dicitur, ettenebrosa palus Acheronte refuso. 'En. Lib. vi, v. 107.
.Ce lieu conduit aux portes de Pluton ,
Et ce lac communique au sombre Phlégéton,Trad . de Delili.e.
Aujourd’hui ses abords sont moinsmalsains ; il a une communication avecla mer. On eut l’idée d’y transporter deshuîtres , qui y prospérèrent tellement,qu’aujourd’hui elles approvisionnentla ville de Naples ; le roi a fait con-struire en ce lieu un casin ouvert aupublic, et l’on y fait de charmantesparties de plaisir.
Avant d’ari’iver à la colline où étaitCumes , on rencontre les ruines d’unédifice majestueux, désigné sous lenom de temple du Géant, parce qu’ony trouva le buste colossal de JupiterStator, vulgairement appelé le Gi-gante. Ce buste, après avoir long-tempsdécoré une rue de Naples, à côté du Pa-lais-Royal, a été transporté au musée.Le temple, encore entier il y a quel-ques années, et détruit aujourd’hui,était petit et de figure elliptique.
Arrives au sommet de la colline,nous jouîmes du plaisir de voir sc dé-velopper devant nous tous les lieux quenous avions vus la veille, et d’antici-per sur notre journée', en promenantnos yeux sur ceux que nous allionsencore parcourir. Les lieux que nous
voyions sont trop intéressans pour né-gliger d’y fixer un regard qui en em-brasse l’ensemble ; nous planions sur lavilla de Servilius Vaccliia, qui, fuyantla cruauté de Tibère , se réfugia danscette campagne pour savourer l’heu-reuse oisiveté delà solitude; Sénèque ,en faisant la description de cette mai-son, vante le bonheur de son proprié-taire. Au loin, nous apercevions aunord le lac de Licola, fameux par seschasses au canard ; plus loin encore,Torre di Patria , autrefois Literne.Ce nom me rappela les Martyrs deM. de Cliâteaubriand :
« Un jour, errant aux environs deBaies,-nous nous trouvâmes auprès deLiterne Le tombeau de Scipion l’A-fricain frappa tout à coup nos re-gards : nous approchâmes avec respect.Le monument s’élève au bord de la mer.Une tempête a renversé la statue quile couronnait. On lit encore cette in-scription sur la table du sarcophage :
INGRATE PATRIE, TU n’aURAS PAS MES OS.
»'Nos yeux s’humectèrent de larmesau souvenir de la vertu et de l’exildu vainqueur d’Annibal. La grossièretémême du sépulcre , si frappante au-près des superhes mausolées de tantd’hommes inconnus qui couvrent l’I-talie , servait à redoubler. notre atten-drissement. Nous n’osâmes pas nousreposer sur le tombeau même, maisnous nous assîmes à sa base, gardant'un religieux silence, comme, si nouseussions été au pied d’un autel. »
Revenant à nos idées profanes , nouscherchâmes les ruines de ce templed’Apollon, où Enée vint sacrifier. D’a-près Virgile , il est dû à Dédale.
Bædalus, ut fama est, fugiens Minoia régna ,
Redditus hisprimùm terris, tibi, P)icebe,sacravit.
En. Lib. vi, v. i 4 -