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l’occupe! La coupe de son front, l’en-cadrement des yeux, en font le type dela beauté. Cette jeune femme si ten-dre , dout une passion brûlante et mal-heureuse a détruit l’existence , a con-servé une apparence de pureté qui pa-rerait une jeune fille. J’étais tellementsubjugué, qu’il me semblait que j’au-rais volontiers donné la moitié de ma
vie pour consoler la sienne.Elle se
leva la première, et j’avoue que lors-que la porte par où elle s’échappa se futrefermée sur elle, rien au monde n’eûtpu me décider à rester un quart d’heurede plus. Je me retirai chez moi, où jepassai une partie de la nuit avec messouvenirs du soir.
Le lendemain Édouard me dit quela soirée avait été terminée par uneimprovisation que je regrettai.
Nous nous sentions trop fatiguéspour retourner à Pompeï le jour sui-vant. Le duc nous engagea à parcourir,dans cette journée de repos, une joliecollection de dessins, dont il a enrichiun album qu’il mit à notre disposition,et dans lequel j’ai copié ceux qui m’ontparu les plus intéressans.
La charmante figure n°. i (PI. 5ç)),est une danseuse, qui, avec les mouve-mens les plus voluptueux, découvreune partie de son corps ; elle est enve-loppée dans une tunique couleurpaille, doublée en bleu, d’une étoffelégère et souple, qui voltige avec elle,et laisse deviner des formes gracieuses.Quel talent dans ce peintre, qui a sudonner une telle apparence de vie!L’œil y saisit un mouvement de respi-ration. L’illusion estcomplèl e. L’espècede tunique dont elle est revêtue, et quiparaît d’une seule pièce, était appeléepar les Anciens sistides , ou palium.Un rang de perles est mêlé à sescheveux , du plus beau blond ; on croitquelle représentait Vénus.
La seconde, n°. 2 , est une bacchantecouronnée de lierre ; les cheveux épars,le sein. demi-nu, et dans ce volup-tueux désordre qui caractérise lesjoyeuses suivantes de Bacchus , elledanse et marque la mesure avec descimbales d’or, elle semble écouter leursvibrations ; son corps est admirable deforme et de fraîcheur, sa figure est belleet pâle. Le peintre en a fait le modèled’un aimable désordre.
Le n°. 3 est une danseuse sous lestraits animés d’une bacchante. Elleaussi est couronnée de lierre, et d’unepresque entière nudité. Ses beaux brassont ornés de bracelets en perles, et sesmains délicates agitent avec grâce untambour. Quelques historiens nous ap-prennent qu’elles étaient appelées àégayer les banquets et confondre, dansles sons bruyans de leur musique, lesrefus et les derniers soupirs de la Pu-deur. Leur présence était obligée, etsignalait toujours une orgie.
Le n°. 4 1 autre bacchante; de lamain droite elle se découvre, une gazelégère entoure une partie de sa tête, etsur son front retombe une chaîne. Lebas de ses jambes est orné de braceletsen perles, et ses petits pieds sont entiè-rement nus. Son attitude est souple etgracieuse; le plat qu’elle porte ôte dela poésie à cette figure, et sembleraitpeu d’accord avec sa profession dedanseuse, si nous ne savions que cesfemmes présidaient dans plusieurs banquets, et que même quelques-unespouvaient être destinées à servir àtable.
Les n°\ 5 et 6 sont deux nymphesexécutant une danse, dont le mériteconsistait à prendre les positions lesplus lascives, et dessiner les formescomme si le corps eût été nu. Cesdanses, qui au signal du maître de lamaison avaient lieu après le repas, en