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mée le vernis du lalent. On se rappelleavec plaisir ces vers de Voltaire :
A la voix de Colbert , Bernini vint de Rome ;De Perrault dans le Louvre il admira la main.Ah! dit-il, si Paris renferme dans son seinDes travaux si parfaits, un si rare génie,Fallait-il m’appeler du fond de l’Italie ?
Salvator Rosa , qui sans contrediteût fait école, si sa vie aventureuse nes’y fût opposée, ne laissa que deuxélèves à peine connus hors de leurpays, Micco ou Domenico-Spadaro etAniello Falcone . Salvator Piosa naquiteni 6 i 5 , dans le village de l’Arenella,près de Naples . Il n’eut de maître quela nature. Son goût pour les sites sau-vages se démontre dans presque toutesses compositions. II affectionne les re-présentations des ravages causés parles tempêtes. Des arbres brisés, desmers en fureur, des brigands , des ba-tailles, étaient les objets qu’il choisis-sait de préférence , et qu’il rendaitavec plus de succès. Ses tableaux d’his-toire ne valent pas ses marines et sespaysages ; cependant la Pythonissed’Endor, du musée duLouvre, est digned’éloges; aussi est-ce ce qu’il a laissé demieux dans ce genre. Sa vie, écrite parlady Morgan, a beaucoup contribué àl’augmentation du prix des ouvragesde Salvator Rosa , qui gravait aussi àl’eau-forte avec facilité. 11 mourut sansfprtune àRome , en 1673.
Luca Giordano , Luc Jordans, sur-nommé Lucafapresto, est remarqua-ble par l’étonnante facilité de son pein-ceau.Goloristepresqueégalau Tintoretdont il rappelle le faire avec un rarebonheur, il naquit à Naples d’un pein-tre médiocre en i 632 . Il possédait unefacilité étonnante pour imiter la pein-ture des autres maîtres ses prédéces-seurs ou ses rivaux. Le musée de Na ples possède un petit tableau de lui,qu’une extrême attention peut seule
empêcher de prendre pour une œuvrede Paul Véronèse . L’immense fresquedes vendeurs chassésclu temple, peintedans l’église de Saint-Philippe-de-Néri à Naples , est son ouvrage le plusconsidérable , et où il a déployé unplus grand talent de composition. Onr^jroche avec raison à cette grandemachine la monotonie qui résulte destons rougeâtres dont l’artiste a abusé.Il est élève de l’Espagnolet, mais luiressemble peu quand il ne cherche pasà l’imiter. La galerie dupalais Riccardià Florence est ce qu’il a fait de mieux.Appelé en Espagne par Charles II, iltravailla à l’embellissement de l’Escu-rial qu’il acheva en dix ans. Il re-tourna à Naples comblé de richesses etd’honneurs, et y mourut en 1705 àl’âgede 73 ans.
Matia Preti, dit le Calabrais, émulede Michel-Ange de Carravage, naquit àTaverna en Calabre , en 1643 , etmou-rut à Malte, âgé de cinquante-six ans;les églises de Naples renferment ungrand nombre de tableaux de ce maître.Les deux plafonds de Saint-Pierre inmacello , sont certainement ses chefs-d’œuvre, et le placent à côté des pre-miers peintres italiens . On le confondsouvent avec le Carravage.
Francesco Solimènenaquit, en 1657,à Nocera de’ Pagani, près de Salerne ,d’un père, peintre sans talent, qui ledestinait au barreau. Le goût du jeuneSolimène pour la peinture le fit entrerde bonne heure dans la carrière si malparcourue par son père. Il ne s’attachaà aucun maître en particulier, puisantà toutes les écoles les principes del’art ; aussi est-il remarquable par unstyle qui lui est propre. Doué d’un gé-nie peu commun pour l’arrangementdes grandes compositions , il est fai-ble sous le rapport du dessin et ducoloris ; son goût, que l’on peut ac-