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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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LITALIE .

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mée le vernis du lalent. On se rappelleavec plaisir ces vers de Voltaire :

A la voix de Colbert , Bernini vint de Rome ;De Perrault dans le Louvre il admira la main.Ah! dit-il, si Paris renferme dans son seinDes travaux si parfaits, un si rare génie,Fallait-il mappeler du fond de lItalie ?

Salvator Rosa , qui sans contrediteût fait école, si sa vie aventureuse nesy fût opposée, ne laissa que deuxélèves à peine connus hors de leurpays, Micco ou Domenico-Spadaro etAniello Falcone . Salvator Piosa naquiteni 6 i 5 , dans le village de lArenella,près de Naples . Il neut de maître quela nature. Son goût pour les sites sau-vages se démontre dans presque toutesses compositions. II affectionne les re-présentations des ravages causés parles tempêtes. Des arbres brisés, desmers en fureur, des brigands , des ba-tailles, étaient les objets quil choisis-sait de préférence , et quil rendaitavec plus de succès. Ses tableaux dhis-toire ne valent pas ses marines et sespaysages ; cependant la PythonissedEndor, du musée duLouvre, est dignedéloges; aussi est-ce ce quil a laissé demieux dans ce genre. Sa vie, écrite parlady Morgan, a beaucoup contribué àlaugmentation du prix des ouvragesde Salvator Rosa , qui gravait aussi àleau-forte avec facilité. 11 mourut sansfprtune àRome , en 1673.

Luca Giordano , Luc Jordans, sur-nommé Lucafapresto, est remarqua-ble par létonnante facilité de son pein-ceau.Goloristepresqueégalau Tintoretdont il rappelle le faire avec un rarebonheur, il naquit à Naples dun pein-tre médiocre en i 632 . Il possédait unefacilité étonnante pour imiter la pein-ture des autres maîtres ses prédéces-seurs ou ses rivaux. Le musée de Na­ ples possède un petit tableau de lui,quune extrême attention peut seule

empêcher de prendre pour une œuvrede Paul Véronèse . Limmense fresquedes vendeurs chassésclu temple, peintedans léglise de Saint-Philippe-de-Néri à Naples , est son ouvrage le plusconsidérable , et il a déployé unplus grand talent de composition. Onr^jroche avec raison à cette grandemachine la monotonie qui résulte destons rougeâtres dont lartiste a abusé.Il est élève de lEspagnolet, mais luiressemble peu quand il ne cherche pasà limiter. La galerie dupalais Riccardià Florence est ce quil a fait de mieux.Appelé en Espagne par Charles II, iltravailla à lembellissement de lEscu-rial quil acheva en dix ans. Il re-tourna à Naples comblé de richesses etdhonneurs, et y mourut en 1705 àlâgede 73 ans.

Matia Preti, dit le Calabrais, émulede Michel-Ange de Carravage, naquit àTaverna en Calabre , en 1643 , etmou-rut à Malte, âgé de cinquante-six ans;les églises de Naples renferment ungrand nombre de tableaux de ce maître.Les deux plafonds de Saint-Pierre inmacello , sont certainement ses chefs-dœuvre, et le placent à côté des pre-miers peintres italiens . On le confondsouvent avec le Carravage.

Francesco Solimènenaquit, en 1657,à Nocera de Pagani, près de Salerne ,dun père, peintre sans talent, qui ledestinait au barreau. Le goût du jeuneSolimène pour la peinture le fit entrerde bonne heure dans la carrière si malparcourue par son père. Il ne sattachaà aucun maître en particulier, puisantà toutes les écoles les principes delart ; aussi est-il remarquable par unstyle qui lui est propre. Doué dun gé-nie peu commun pour larrangementdes grandes compositions , il est fai-ble sous le rapport du dessin et ducoloris ; son goût, que lon peut ac-