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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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LITALIE .

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clans les groupes du peuple, s'exhalaen reproches et en plaintes contre legouvernement, neut pas de peine àenflammer des têtes que déjà lardeurdu jour portait à lexaltation. Le ma-gistrat chargé de pourvoir à lappro-visionnement du marché étant survenu,Masaniello ne balança pas à lui repro-cher et la rigueur de limpôt et sa pro-pre insouciance : ses reproches lurentsi vifs ou si justes, que le peuple, quilorsquil souffre ne respecte plus rien,osa frapper ce magistrat, qui eut peineà échapper aux mains des furieux. Cefut le signal de linsurrection : une fouleimmense se porta avec fureur dans lesdivers bureaux de la perception desdroits et les mit en cendres.

Dans cette première expédition, Ma-saniello marcha toujours à la tête desmécontens. Déjà son zèle sétait faitremarquer ; il leur inspirait la confianceet le respect. Les ayant rassemblés au-tour de lui ,illeur parla avec cette véhé-mence , cette énergie qui caractérisait àRome les discours des tribuns : il y pei-gnait la misère du peuple, linsolencedes grands, et vomissait des impréca-tions contrelegouvernement du vice-roi.

A peine Masaniello eut-il achevé,quil fut reconnu chef suprême du peu-ple. Onlui éleva sur la place de Naples une espèce de trône il siégeait ensarrau blanc de marinier, tenant à lamain une épée nue pour sceptre. Dèslors ses volontés devinrent des lois, sesordres des décrets, qui étaient exécutésaussitôt que rendus. Comme il ne sa-vait pas écrire, il signait avec une em-preinte de métal quil portait attachéeà son cou. Ce nétait pas seulement lapopulace qui lui obéissait, mais deshommes qui lui étaient bien supérieurspar léducation et les lumières. En quel-ques jours, plus de trois cent millehommes furent armés, enrégimentés.

Les soldats espagnols disparurent àlaspect de ce torrent de forces popu-laires ; et le vice-roi lui-même, attaquéet poursuivi par les insurgés, se re-trancha dans un château, et ensuite seca-cha dans un couvent, d il ne tarda pasà rendre tous les privilèges que Charles- Quint avait autrefois accordés à la villeet au royaume. Cest ainsi quun simplepêcheur, presque adolescent, traitaitdégal à égal avec le représentant dungrand monarque. Cette espèce de ca-pitulation du vice-roi se fit par lentre-mise dun cardinal., archevêque de Na­ ples , Filomarino , qui, dès le commen-cement des troubles, avait jugé delàsituation désespérée se trouvait legouverneur espagnol , et sentit que,dans de certaines occasions, il faut cé-der à la tempête plutôt que de la bra-ver. Les dignités dont il jouissait im-posaient le respect au peuple soulevé,en même temps que son caractère per-sonnel inspirait la confiance.

Mais il nétait pas dans les destinéesde Naples de jouir même des faveursquelle avait conquises. Elle ne tardapas à les payer du sang de ses citoyens.En effet, Masaniello, soit que la cruau- lui fût naturelle, soi t quil voulût fairepasser dans lâme de ses adversaires laterreur que lui-même éprouvait, selivra à des actes dune barbarie féroce.Non content davoir fait brûler lesmeubles, les maisons même des fer-miers de limpôt, qui, selon lui, sé-taient engraissés de la substance, deslarmes du peuples (et aucune mainnosa sapproprier le moindre débris detant de richesses détruites), il voulaitque leur sang coulât sous ses yeux. Nou-veau Marins, du haut de la fenêtre desa maison, il navait quà faire un signe,et lon voyait tomber les têtes dunnombre clïfayanL de victimes.

Bientôt limagination de Masaniello