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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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près de deux cents ans. Puis, sousl’empereur Justinien, les Goths s’ensaisirent, qui furent chassés dix-septans après par Bélisaire . Ce faict, lesSarrazins y entrèrent sous Michel leBègue, qui la commandèrent par qua-tre cents ans. Lors ils furent chasséspar les Normands qui eurent pour suc-cesseurs les Lombards , Suèves etGermains, lesquels chassés par Clé-ment IV , les François la gouvernèrentpar dix-huit ans, jusques aux vêpressiciliennes, qui écheurent l’an 1282.Depuis ce quel temps elle oheist auxAragonais jusques au roy Ferdinand,par la mort duquel lesroys d’Espaigne se sont portéz pour roys d’Aragon etde Sicile .

Pline y a nommé septante - deuxvilles. Aujourd’hui s’y trouvent centsoixanteet treize, que citez, que petitesvilles, à ce que dit Magin. Palerme ouPalerno eu est la principale. Panorméà P toi., et autres, très-anciennes peu-plade phénicienne comme monstrentquelques épitaphes gravez de lettreschaldaïques; et la croit-on hastie dèsle temps d’Abraham , en lieu plaisantet fort fertil. Elle tire au nord, sisesur la coste de la mer Tyrrhène.Ceincte de fort hauts murs par lessoings duroy Fridéric. Suivantla mer,s’eslève un cliasteau lequel fust aug-menté de nostre temps, nommé Cas-tellamare, chasteau sur mer. Y a troisvieilles portes de'la cité et des muraillesavec grand merveille et plaisir de pier-res de tailles fort anciennes , garniesde tourions qui restent encor. Le tem-ple de Palerme est voué à saint Pierre,basti par Roger roy de Sicile, auquelon donne l’advautage pour la beauté etl’apparat de choses précieuses , à tousceux d’Italie , nouveaux ou anciensqu’ils soient. A raison de quoi il est veuet curieusement visité tant par ceux

qui demeurent ou passent à Palerme ,qu’autres voyageurs, non-seulement desimple et commun esprit, ains ausside cerveaux et doctrine notable. Leplus grand templede la ville est de struc-ture retière, en façon de rets, estoffiéde pierres bien polies, gravées de di-verses ligures et images au dehors.Fondé par Gautier, archevêque, l’an1185, où sont les tombeaux des roys,roynes et ducs de l’isle, avec leurscorps. Elle a aussi son académie pu-bliqueet son hospital ou maladrerie, jelaisse le reste. Les autres villes sont Sy-racuse , autrefois fort grande, laquelleest descrite par Cicéron en la qua-triesme action contre Verrès, commeil s’ensuit :

« Vous avez souvent ouï que Syra-cuse est la plus grande et la plus bellede toutes les villes grecques. Elle est,ô juges, telle qu’on le dit; car elle estd’une situation forte et belle à voirvers toutes ses advenues, soit de terre,soit de mer, et a ses havres quasi en-clos dans les baslimens à prospect dela ville. Lesquels, ayant diverses en-trées, se joignent néantmoins et se ren-contrent en un à la sortie, par leurconjonction. La partie de la ville qu’onappelle l’isle , séparée par une étroitemer, y est jointe par un pont. Cetteville est si grande, qu’on la dit estrecomposée de quatre spacieuses villes ,une desquelles est l’isle dont j’ai parlé,laquelle, ceincte de deux havres, estavancée surl’embouchement et l’entréede l’un et de l’autre , en laquelle est lamaison duroy Hyéron, dont se serventles préteurs. Elle porte plusieurs tem-ples ; mais deux qui devancent tousautres : l’un voué à Diane, l’autre àMinerve, fort bien accommodés devantque ce Verrès y entrast. Sur le bordde l’isle est la fontaine d’eau doucenommée Aréthuse , incroyablement