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de lave, pourrait défendre la ville encas de surprise ; néanmoins il seraitimpossible qu’il tînt long-temps contreune attaque bien ordonnée.
En i 544 cette île fut la scène d’undes plus hardis coups de main du tropcélèbre Hariadan - Barberousse. Cethomme audacieux y lit une descenteet s’empara de toute la populationqu’il traîna en esclavage, à l’excep-tion de quelques personnes qui nedurent leur liberté qu’à la fuite. Char-les-Quint, qui régnait alors sur laSicile , fut obligé d’envoyer une colonied’Espagnols pour repeupler Lipari etaugmenter les fortifications. Cette îlepossède quelques restes d’antiquités,mais les curiosités naturelles sonL d’unintérêt plus vif. Le Campo bianco «lechamp blanc », montagne fort élevéedont la cime blanchâtre n’est compo-sée que de pierres ponces, qui lui don-nent l’aspect de cesalpes couvertes deneiges éternelles, est le premier phéno-mène qui frappe le voyageur, mêmeavant de débarquer. C’est cette car-rière immense qui alimente tous lesateliers de l’Europe. Les Anglais etles Français viennent ici charger deshâtimens de ce produit volcaniqueet le répandent sur tous les marchés.On se rend ensuite au mont Sant-An-gelo. Du sommet, sedéroule aux regardsle panorama le plus imposant. L’écri-vain , le peintre même, ne peuventque l’indiquer. Lipari , de ce point,présente à l’œil épouvanté un amassombre de précipices et de rochers quimenacent incessamment d’une chuteprochaine quelques oasis de verdureparsemés çà et là, qui rappellent cevers de Sannazaro :
De’pezxi cli cielo caduti in terra.
Fragmens du ciel tombés sur cette terre.
On voit au nord le Strmnboli dont lacime est continuellement cachée dans
un nuage de fumée qui, lent et solen-nel, s’élève dans l’espace tel que la nuede U Ararath , alors que le patriarcheéchappé aux flots rendit grâces àV Eternel.
.A srnoke ascend
Solemn and slotv as erse from ArarathAVhen lie. the patriarch, who escaped the floodWas within his house-hold sacrilicing here.
A l’est, les bords arides de la Calabre contrastent avec les riches campagnesde Sicile , qui s’é ( endent vers b: sud,couronnées de l’Etna , dont les lignesnobles s’éteignenl dans la vapeur. Aucouchant, la double montagne de Salineparaît aux pieds du spectateur, puis lamer, l’île de Felicudi, la mer encore,et enfin Alicudi qui semble un pointnoirâtre sur la ligne de l’horizon.
En sortant de la ville de Lipari , ducôté du couchant, si l’on suit un che-min que les pluies ont creusé dans letullà, on trouve, à quatre milles, les étu-ves. La renommée leur accorde de puis-santes vertus contre les affections cuta-nées. Elles sont cependant peu fré-quentées à cause de leur exigui té et dudénuement le plus complet des objetsde première nécessité pourles malades.Elles se composent seulement d’un pe-tit nombre d’excavations en forme degrottes, assez bien disposées pour desbêles fauves, mais très-mal pour deshommes ; je doute fort que nos élégansbaigneurs de Spa, d’Aix et de Bade vou-lussent s’en contenter. Au sommet de lamontagne des étuves, sont d’autresbains abandonné', aussi. J’ai peine àcroire que l’épithète de Tliermisia,donnée p les Grecs à cette île, lui. vienne des bains qu’on y voit aujour-d’hui. Les anciens, sans doute, aurontdisparu, puisqu'on n’en voit mêmeplus de traces. En vérité, malgré l'au-torité de Diodore de Sicile , liv. V,-