Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
281
JPEG-Download
 

28 i

ILES EOLIEÎNJNES.

tion générale les aident à combattre lamisère. Sil’on en croit Strabon , le nomd’Ericusa lui vient des bruyères quicroissent dans les intersLices de sesrochers.

Par un bon tem ps, on se rend facile-ment en six heuresd’Alicudin5<zZ(//e. Lelecteur comprend déjà quelle doit êtrel’origine de ce nom. Le mu riale de soudeque l’on recueille sur ses bords, l’a faitprévaloirsurrelui de Didym è, jumelles,que les Grecslui avaient donné à causede deux montagnes d’égale grosseurdont elle est formée. C’est la secondedes îles éoliennes pour la grandeur. Sacirconférence est de quinze milles, etsa population de quatre cents habitans.Sa base porpbyrique est recouverte deplusieurs couches de laves superpo-sées, qu’on peut facilement observer àla faveur des larges crevasses qu’ellesont laissées en se refroidissant. Ellemérite de fixer les regards du géolo-gue.

Saline n’est séparé de Lipari quepar un canal de trois milles. Cette île,qui donne son nom à toutes les autres,est la plus digne des explorations duvoyageur. On la dit peuplée de dix-huit mille âmes; sa circonférence estde six lieues. La ville de Lipari est lesiège d’un évêché, et la résidence d’ungouverneur dont la juridiction s’étendsur tout l’archipel.

Les anciens ont sans doute fait allu-sion à l’abondance de celte île, lors-qu’ils lui ont donné le nom de Lipa-ris. C’est l’antique Eolie qui reçut surses bords Ulysse , fuyant la vengeancede Polyphénie irrité. Mais écoutons lechantre de l’Odyssée -.

«Nous parvenons heureusement à file d'Éolie,île accessible et connue, où règne le fils d'ilip-potas, Eole, l’ami des immortels; un rempartindestructible d'airain, bordé de roches lisses etescarpées, ceint l'ile entière; douze enfans du roisont l’ornement de son palais, six fils et six filles ;

ils sont tous dans la fleur de l'âge ; il les unit desliens de l’hyménée, et leurs heures s’écoulent,auprès d’un père et d une mère dignes de leurvénération et de leur amour, en de continuelsfestins, embellis de ce qu’ont de plus flatteur lavariété et l’abondance. Durant le jour, le palaisodorant retentit du concert harmonieux desflûtes; la nuit ces époux dorment sur des litsmoelleux. »

On reconnaît dans ces roches délavésnoi ràtres et ferrugineuses qui défendentcelte île contre les vagues de la mer,les remparts d’airain du bon Homère.Quant aux concerts harmonieux, on ena cherché l’explication dans un monu-ment d’une haute antiquité, découvertdans cette île à la fin du siècle passé.C’est une vaste caisse en maçonnerie,de forme octogone, supportée sur despiliers de basalte qui l’isolent du sol.Chaque pan, opposé à une petite val-lée, est percé à dislanres régulières detrous garnis de tuyaux de terre cuite ,disposés avec un art tel que le ventqui s’engouffre dans ces cavités produitdes frémissemens comparables aux vi-brations que rendent nos orgues éo-liennes. Plus de la moitié de cetteconstruction étant encore enfouie sousune colline où elle est adossée, il enrésulte que l’effet n’est pas très-grand.On a pensé que ce pouvait être le mo-nument dont parle Aristote . « Dansune des sept îles d’Éolie, dit-il, on ra-conte qu’il y a un tombeau dont onrapporte des choses prodigieuses. Onassure qu’on y entend un bruit detambours, de cymbales et des cris écla-tons. »

LavilledeLipari,placée surle pen-chant d’une colline, rappelle Naples par sa situation, autour d’un petitgolfe qui sert de port aux balancelles,aux speronares et aux autres embarca-tions qu’on lire surle sable à la ma-nière des galères des anciens. Le châ-teau, placé sur une masse de rochers