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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MESSINE.

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une meute aboyante. (Homère , Odyss.,chant. xn. ) Le bruit de l’oncle qui s’en-gouffre dans les cavités qu'elle a creu-sées rappelle en effet les aboyemensdes chiens. Ce que le poëte dit de l’es-carpement de ce roc est juste ; mais onverra plus loin qu’il cesse d’être exactquand il décrit Carybde, ou du moinsles choses ont bien changé. Le voisi-nage de Scylla n’est passons danger;aussi fus-je saisi de quelque crainte, etje me surpris répétant à mes rameursles exhortations d’Ulysse à ses compa-gnons : Suivez , leur disais-je, tout ceque je vais prescrire. Vous , rameurs ,reprenant l’aviron , combattez d’un

bras infatigable ces vagues enflées .

Toi , pilote , qui as en main le gouver-nail, je te donne ces ordres importons :garde-toi de l’oublier. Dirige ton vais-seau loin de ce rocher , de celte fuméeet de ces flots amoncelés ; l’œil toujoursattaché sur le roc voisin , que ton uni-que but soit d’en approcher. Fuis cesrapides courons , crains qu’ils ne t’en-traînent et que tu ne sois l'instrumentde notre perte. Ils obéirent assez ponc-tuellement, sans pourtant s’empêcherde sourire, car les dangers de cesécueils sont bien moindres en réalitéqu’en imagination. La perfide Scyllan’est plus ce fléau inévitable que lespoètes et les historiens même se sontplu à nous représenter. Cependant,par un gros temps, la navigation deces parages exige des précautions. Plu-sieurs marins trop confions ont été vic-times de leur imprudence.

Echappés à ces rochers et à ces mons-tres , nous approchons de l’île fortunéedu Soleil. Là paissent tranquillementde beaux et nombreux troupeaux degénisses au large front et de brebis

éclatantes . Du milieu de la cour ,

mon oreille est agréablement frappéedes mugisseniens et des bclemens des

troupeaux. C’est l’Odyssée à la mainqu il faut traverser le détroit de Mes-sine. C’est là qu'il faut lire Homère ,qu’il faut comparer ses tableaux à cettenature qu il a si bien peinte, qu’ellesemble se réfléchir dans ses vers commeces coteaux fertiles dans l’onde qui lesbaigne de ses flots de saphirs.

Dolce color d’oriental zaphiro. (Dante.)

Plutarque dit que les voyages parterre les plus agréables sont ceux oùl’on suit les bords de la mer, et que lesplus beaux voyages par mer se font encôtoyant les rivages. C’est surtout icique cette observation est applicable.Les beautés du Bosphore peuvent seu-les être comparées au détroit de Mes-sine . Si cette ville était ornée de cesminarets, de ces kiosques, de celtearchitecture pittoresque qui donne tantde caractère à Constantinople , je nedoute pas qu’elle ne lui fût préférée. Amon entrée dans le détroit, le soleils’approchant de l’horizon, les montsPélores projetaient des ombres vigou-reuses sur la moitié du canal, tan-dis que les côtes de la Calabre , inon-dées de flots cl’une lumière brûlante,présentaient à travers l’atmosphère laplus pure toutes les richesses d’une vé-gétation variée. Mais ce spectacle ad-mirable, changeant sans cesse dans sesdétails, dura trop peu; les couransrapides, qui donnentau détroit l’aspectd’un fleuve majestueux, nous eurentbientôt portés à l’entrée du port deMessine . Depuis que j’avais dépasséles rochers de Scylla, nos yeux cher-chaient en x r ain Carybde. Où donc est-il ? me disais-je, ce monstre qui troisfois le jour engloutit les flots dans unprofond abîme , qui troisfois les vomitet les lance contre le ciel ?

. . ..Imo baratliri ter gurgite vastos

Sorbet in abruptum fluctus, rursusque sub aurasErigit alternos, et sidéra verberat unda.

Æneid -, lib. in.