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Me confiant dans l’autorité de Buf-fon [théorie 4e la terre), je persévé-rais à chercher ce gouffre. Enfin, nepouvant le découvrir, j’en parlai auxmarins. C’est le Calofaro, dirent-ils ; ilest éloigné de nous de deux cents coupsde rames. — ÎSouS en approchons. —Vous le traversez. —Le voici. Je faisarrêter ; mais loin de voir,
.Inimica Carybdis
Nunc sorbere fretum nunc reddere; ....
.Carybde impitoyable
Engloutir Tonde amère et la rendre soudain,
je n’aperçois cju’un cercle de cent, toi-ses qui paraît y en y faisant grandeattention, un peu plus agité que lesautres parties du délroit; Du reste,point de ces tourbillons qui font tour-noyer les vaisseaux, encore moins quiles engloutissent. On prétend cepen-dant que si le vent et les courans ces-sent d'être favorables, cet endroit n’estpas sans danger-aussi le gouver-inement napolitain entretient-il sur lacôte un certain nombre de marins tou-jours prêts ..à porter secours aux-bàti-mens en péril. Un peu désappointé detrouver Homère, Virgile,, Ovide , etle grave Bufïon en défaut, je jetai undernier coup d’œil sur ces rivages en-chanteurs, et j’entrai dans le port.delp Nobile ed esemplare citl 'a di Mes-sin a !
Voyez ayec quelle majesté elle sedéploie sur,les flancs du Pélore et surles bords de cette belle mer. Regardez-la de ce port le plus sûr et le plusvaste que la nature ait creusé, ou deces hauteurs qui dominent du côtéde l’occident; partout elle présente unaspect aussi noble que riant, partout,elle paraît digne d’être la capitale non-seulement dune province, mais d’unpuissant empire. Une vaste étendue ,
des faubourgs, des campagnes abon-dantes, couvertes de maisons de plai-sance, de villas magnifiques, embellis-sent ses environs. A l’intérieur, sesbelles rues pavées de larges dalles delave; ses places ornées de fontaines ,de statues, ses monumens publics, sespalais, ses temples, son lazaret, sonphare, ses fortifications , ses arsenaux,tout lui mérite le titre de métropolequ’elle a plusieurs fois obtenu.
Qu’est devenue Messine antique?Aucun reste ne témoigne de sa gran-deur ni de son opulence qui, sanscontredit, a dû être immense, puis-qu’elle consacra à Diane, trente sta-tues en bronze en mémoire de trentejeunes gens.qui, en se rendant à Reggio ,se noyèrent. Cicéron nous apprendaussi qu’entre autres objets pillés parVerrès chez un simple citoyen de celteville,on citait deux canépliores dePo-lyclète, un Hercule de Myron, et unCupidon dePraxilèle. Un petit nombrede médailles et quelques fragmens destatues conservés dans le musée decette ville sont à. peu près les seulsvestiges de son antique splendeur.
Si l’on considère la position avanta-geuse de Messine , placée comme l’en-trepôt de l’orient et de l’occident, sonsol fertile et la sûreté de son port dontCarybde etSylla,sont les défenses na-turelles ( car on ne peut nier que * mal-gré les progrès de la navigation, uneflotte ennemie ne peut pas, sans dan-ger, prendre position dans ces eaux ),on sera moins étonné de sa richessepassée qüe de sa misère actuelle.Mais les guerres intestines et étrangè-res, lés pestes, les tremblemens deterre, les fléaux de tous genres qui pè-sent sur notre pauvre humanité, sesont ( onjurés de tous temps pour ba-lancer les nombreux avantages dont lanature l’avait si largement douée.