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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MESSINE.

être ressuscité, il est monté aux cicux. Vousreconnaissez ainsi la vérité, grâces aux pré-dications de saint Paul, ce grand apôtre :c’est pourquoi nous vous bénissons vqus etvotre ville, dont nous voulons être la pro-tectrice à toujours.

De Jérusalem , l’an XLII de notre fils, in-diction première, le jour des nones de juin,de la lune le XXVII e ., de la semaine le V e .

Et plus bas :

Sa sainteté N. S. Benoît XIII accorde àtout fidèle cent jours d’indulgence chaquefois qu’il récitera dévotement l’oraison sui-vante :

Salut, fille de Dieu le père qui as choisiles Messinais pour tes fils ;

Salut, mère de Dieu qui as écouté ma-ternellement les Messinais ;

Salut, épouse du Saint-Esprit qui asfiancé les Messinais à l’esprit de vérité ;Salut, temple de la très-sainte trinité, oùtu as béni les Messinais par une sainteépître.

Mais ne voilà-t-il pas que le savantRezzonico , tout catholique qu’il est,et peut-être même parce qu’il est ca-tholique, se met en opposition avecla huile de 1724. Je dirai peu de chose,écrit-il, de l’image de la Vierge et desa lettre aux Messinais. Le docte mon-seigneur Grano m’a appris que ce por-trait était en vénération long-tempsavant l’arrivée de Constantin Lasçarisdans le port ; et comme on l’avait placésur un leggio , un pupitre, on la nom-mait communément la Madone delleggio , et , en langue vulgaire, delletterio, car on dit lectorium dans labasse latinité. Ce rusé Grec profita dece mot corrompu pour inventer la fa-meuse lettre qu’il dit avoir découvertedans les parchemins des ai'chivcs deMessine , traduite en grec par saintPaul, d’après l’original en langue hé-braïque. Au moyen de ce mensonge ,le mauvais Grec trompa la ville deMessine et en obLint une honorableN.

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récompense. Saint Paul, d’après lesactes des apôtres, a été à Rhége et nonpas à Messine : Devenimus Rhegium, Ilne fut apôtre que quarante-cinq ansaprès la naissance de Jésus-Christ ,suivant les meilleurs chronolosristes.

O

Le style diplomatique de la lettre, sadate , etc., sont des preuves évidentesde la fourberie et de l’ignorance durusé grammairien, qui devait savoirque Denis Exiguus fut l’inventeur del’ère vulgaire, qui ne fut reçu qu’auhuitième siècle. On ne peut détromperle peuple; mais à Messine les gensinstruits rient de ce préjugé.

En sortant de la cathédrale, on estfrappé du coup-d’œil de la placequi dé-core cette église.Bien qu’ellene soitpasd’une forme régulière, la richesse de sesmonumens en fait une des plus bellesde cette ville et une des plus curieusesdu monde. Près de l’église, ce palais,d’une architecture moderne, fut ériirépar le roi Ferdinand I er ., qui le des-tina aux tribunaux et à la bibliothèque■ publique, comme l’indique l’éléganthexamètre qu'on lit sur la façade :

Ilic Themidis lances, Inc doctæ Palladis ædes.Ici Thémis tient ses balancesEt Minerve sa docte cour.

Presque en face du portail de la ca-thédrale est la statue du vainqueur deLépante , Don Juan d’Autriche. Sonattitude est plutôt celle d’un matamoreque d’un fils de Charles-Quint . Lesbas-reliefs du piédestal sont préféra-bles au sujet principal : ils représententles épisodes les plus intéressans de cettecélèbre victoire qui abaissa la superbedu croissant. Le plus bel ornement decette place est assurément la fontaine.L’homme de goût verra avec plaisir seseaux limpides bouillonner dans unbassin élégant, soutenu par des caria-tides d’un bon style , et se répandre enlames d’argent sur un marbre d’une