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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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TAORMINE . aq 3

de Castel-Schisso l’emplacement decette ville, et la rade célèbre qui vitengloutir la flotte athénienne et débar-quer Timoléon, à qui Syracuse recon-naissante décerna le nom glorieux depère de la patrie.

Les ruines nombreuses de Taormine et sa position, voilà les seuls titresqu’elle conserve à l’admiration deshommes. Cette ville n’est plus qu’uneréunion de masures construites desdépouilles des anciens monumens, etqu’habitent des malheureux accablésde misère. Agrigente peut seule, enSicile , présenter autant de restes d’an-tiquités , au nombre desquelles on dis-tingue le théâtre ( PI. 98 ). Sur le pen-chant d’une éminence s’élèvent enforme semi-circulaire les ruines de ce

noble édifice. Le sol qui le supporte afourni à sa construction ; ses gradins ,jadis revêtus de marbres précieux, sonttaillés dans le roc qui sert de fondationà ce monument, autrefois orné d’unnombre infini de vases , de statues , defontaines et de colonnes , dont l’églisede la moderne Taormine s’est embellie.Mais toutes ces richesses ne sont pascomparables à la magnificence quifrappe le voyageur même le moins sen-sible , lorsque , du sommet de ces rui-nes, il promène ses regards sur lescôtes de la Calabre , sur les rivages dela mer Ionienne ; ou que , le ramenantsur l’Etna , il contemple ce mont for-midable du lieu même où les échossemblent répéter encore les vers duCyclope d’Euripide.

J A CI, ÉCUEILS DES CTCIOPES, CAT APTE, ETPIA.

Si les contrastes sont pour l’hommedes sujets de jouissance; si des rocssourcilleux qui cachent dans les nuesleurs crêtes arides s’opposent agréable-ment à la surface unie des mers ; si desplaines délavés stériles embellissent,parleur aspect noirâtre et sauvage,lesriches tapis de verdure d’une végéta-tion exubérante ; en un mot, si le beaunaît des oppositions, quelle contréesera plus digne des louanges du poëte,des pinceaux de l’artiste, de l’admira-tion du voyageur, que le rivage en-chanté qui s’étend de Taormine àCatane ? L’archéologue, il est vrai, ytrouve peu de matière à ses doctesrecherches ; mais combien ce vide estamplement rempli par la mythologie !A cinq lieues environ de Taormine setrouve la ville de Jaci ou Aci Reale.On chercherait en vain un site plusriche en souvenirs. Cette terre , cou-

verte de basaltes , de masses volcani-ques , c’est la terre des Cyclopes. Cetantre est celui de Polyphème , caverneimmense, ombragée de quelques lau-riers qui croissent péniblement dansles fissures des roches rougeâtres quisemblent encore teintes du sang descompagnons d’Ulysse. Ne voyez-vouspas, dans ces blocs de lave arrachésaux flancs de l’Etna , ces masses énor-mes que le géant aveuglé lança furieuxcontre le roi d’Itaque. Enée débarquadans ce port.

.Cyclopum allabimur oris.

.Horificis juxta tonat Ætna ruinis.

Ækeid., lib . m.

Des Cyclopes cruels j’aborde le séjour.

L’épouvantable Etna troubleen grondant ceslieuxTrad. de Delille.

C’est là qu’il rencontra le malheureuxAchéménide abandonné à la voracité