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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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ag4 L ITALIE .

du Cyclope. L'imagination ne retracepas seule le souvenir de ces belles allé-gories : les* noms de ces lieux les rap-pellent encore. Voici les rochers desCyclopes, gli scogli de Ciclopi, la roc-cia d’Aci , le rocher cl’Acis, amantpréféré de Galatée. Galatée , la plusblanche clés Néréides, plus sensible àla beauté d’Acis qu’effrayée de la ja-lousie du fils de Neptune, vit Poly-phème écraser sous ce rocher son mal-heureux amant. La nymphe, dans sadouleur, changea le beau sang d’Acisen ces ondes rapides qui s’échappenten bouillonnant de dessous les blocsqui paraissent encore écraser de leurmasse l’infortuné berger. C’est aujour-d’hui le acque grandi , jadis l’Acis,l’Acilius ou l’Acithius. Sur le rocherd’Acis, les Normands ont bâti un châ-teau, le casteld’Aci. Plus loin, surhuit ou neuf lits de lave , successive-ment accumulés sur le rivage, s’élèvela ville d’Aci ou Jaci Reale. Les abordsdu côté de la mer en sont rendus faci-les au moyen de rampes qui descendenten pente douce sur le rivage. Les mai-sons, les places, sont régulièrementbâties. Une vieille tour, construite aumoyen-âge à l’entrée de la ville, pro-tège le petit port qui se trouve aupied de la hauteur. Du sommet onjouit de la vue des écueils des Cyclo-pes, de la petite île de Trezza , et d’au-tres îlots répandus sur la côte enmasses pittoresques : les uns, tels quede hautes aiguilles effilées comme lesclochers des églises gothiques, d’autresd’une forme plus grave commencent àse couvrir de végétation. Le détroit deMessine, qu’on embrasse ici dans touteson étendue, termine le tableau vers lenord. Au midi, l’œil s’arrête agréable-ment sur des lits de basaltes où la na-ture, reprenant ses droits, a répandudes champs de vignes et d’oliviers en-

trecoupés de palmiers et d’alocs, dontles tiges élégantes, balancées par lesvents, répandent dans les airs leursparfums suaves.

On croit que le consul Aquilius bâ-tit Acis au même endroit où il avaitremporté une mémorable victoire surAthénion , chef des esclaves révoltés,et que des ruines de cette ville, dé-truite par les Sarrasins, sortit la mo-derne Aci, aujourd’hui l’une des plusimportantes de l’île par son commerceet son industrie. On rencontre, nonloin des murs, sur la route de Catane ,des restes de thermes antiques fortconsidérables, à en juger par les ruinesnombreuses. Deux vastes salles voû-tées , d’inégale dimension, semblentavoir été les pièces les plus importan-tes. On voit encore dans les murs plu-sieurs rangs de tubes, destinés sansdoute à laisser échapper le surplus desvapeurs sulfureuses. Un aquéduc yconduisait les eaux minérales de lasource, connue des gens du pays sousle nom de Santa Vénéra. De là jus-qu’à Catane , l’on n’aperçoit, pendantcinq milles, que laves et produits vol-caniques qui s’amoncèlent sur le bordde la mer, et quelquefois s’avancentdans les flots comme des jetées gigan-tesques. Bientôt on arrive au bord d’untorrent d’eau limpide qui s’échappede l’Etna par des conduits cachés, etsurgit à peu de distance de la mer.C’est l’ancien Amenanus dont Strabon a étudié les intermittences et qui bai-gne les murs de Catane .

Suivant Thucydide , une colonie deChalcidiens, partie de Naxos , ayantchassé les Sycules d’un petit bourgqu’ils occupaient dans cet endroit, ybâtirent une ville, la première annéede la treizième olympiade. D’autresauteurs disent que scs anciens habitansétaient Phéniciens , et qu’elle avait