296
de dix lieues de longueur, vint englou- Ausone; et Cicéron , dans la Verrinetir les malheureux habitans sous des de signis , lui donne'les épithètes detorrens de laves enflammées, se préci- grande, élégante et riche. 11 reste un
pita dans la mer, combla le port, et yéleva un promontoire immense (P. 99).Le petit nombre d’édifices que le feuavait épargnés furent renversés par letremblement de terre de 1693, qui en-gloutit dix-sept mille personnes.
C’est ainsi que, passant'de désastresen désastres, Catane est parvenue auvingt-sixième siècle de son existence, rconservant toujours son nom et saplace. Ce n’est pas sans admirationque l’on voit cette ville, si souvent vic-time de la fureur des hommes et desfeux des volcans, soutenir avec couragecette lutte continuelle, et, nouveauPhénix, renaître de ses cendres plusbelle que jamais. Telle est cette Ca- "tane que l’on voit aujourd’hui rivaliseravec Palerme et Messine , et présenterdans l’uniformité de ses • édifices mo-dernes, dans l’ensemble de ses rues lar-ges et alignées, l’aspect régulier de cesnouvelles villes d’Allemagne , sous leplus beau ciel du monde. Où chercherles causes de cette existence indestruc-tible, si ce n’est dans les deux plusgrands principes de la vie des nations,l’amour du territoire et de l’industrie !sentimens plüs profondément gravésdans l’âme du Catanais que dans celledes autres Siciliens .
Catane a donné naissance à Charon -das, législateur de Thurium , qui vitplusieurs villes de la Sicile et de lagrande Grèce adopter ses lois , qu’ilcimenta de son sang. Xénophanès deColoplion y reçut le droit de cité. S té—sichore, exilé d’Hymère, y vint chercherun asile et un tombeau : ce monumentdonnait son nom à la porte Stésicho-rée, aujourd’hui Porta d’Aci. Catane est souvent nommée dans les anciensauteurs. Qui s Câlin am sileat , a dit
grand nombre de monumens tant grecsque romains ; mais peu sont dans unétat de conservation satisfaisant ; laplupart, comme Herculanum , sont en-gloutis sous les laves., Les principauxsont le théâtre et l’amphithéâtre, mo-numens célèbres, non-seulement parleurs restes, mais aussi par plusieurspassages des anciens. Nous avons déjàdit qu’Alcibiade harangua le peuplesur ce théâtre, qui se trouve aujour-d’hui enfoui sous des amas de décom-bres et de lave; aussi n’est-ce qu’avecbien de la peine que l’on peut en sai-sir l’ensemble. On est souvent forcé dedescendre dans les caves des habita-tions élevées sur ses ruines. On luidonne 3io pieds dans sa plus grandeétendue. Il est construit de blocs delave très-larges, superposés sans ci-ment. A en juger par la quantité demarbres, de granits, de stucs qu’on en aretirés, il a dû être magnifique. Près dugrand théâtre s’en trouve un plus petit,qu’on dit assez judicieusement être unodéon, c’est-à-dire un théâtre consacréspécialement à la musique, tel quecelui de Potnpeï. Son diamètre est der45 pieds. D’après les lettres de Théo-dose , on voit que du temps de ce prince,qui donna toujours des preuves de sonrespect pour les anciens monumens,une grand partie de l’amphithéâtreexistait encore, et qu’il n’en permit ladémolition que pour céder aux instan-ces des Catanais, qui le lui représentè-rent comme un amas de décombres, etsollicitèrept la permission de les em-ployer à la reconstruction de leurs mu-railles ; ce qui leur fut accordé. C’estainsi que les deux étages supérieursfurent détruits.
Un homme dont le nom est à ja-